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mercredi 29 avril 2020

14. Thomas Mann, biografii, studii, corespondenta, jurnal


 





 



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Bibliografie critica Thomas Mann in franceza

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Hildegard Möller,  Thomas Mann, une affaire de famille, Tallandier, 2007

Descriptif
Les femmes de la famille Mann ont-elles été heureuses ? Nées riches et rapidement devenues célèbres, membres d’une famille qui était admirée en Allemagne à l’égal d’une dynastie aristocratique, elles fréquentèrent les personnalités les plus importantes de leur époque, depuis la fin des années 1900 jusqu’aux années 1960. Et pourtant, aucune d’entre elles ne put sortir vraiment de l’ombre de Thomas Mann, géant de la littérature. Elles rivalisèrent pour attirer l’attention et obtenir l’amour du grand « magicien ». Il y avait Katia, patronne de la famille, au service de son grand homme de mari; la sauvage Erika, la fille préférée, toujours prête à faire scandale avec son époux Gustaf Gründgens comme avec son frère Klaus; Monika, la mal-aimée, vainement en quête de reconnaissance; et Elisabeth, la « toute petite », qui fut cependant la plus indépendante de toutes.Best-seller en Allemagne, ce livre raconte le roman vrai d’une famille exceptionnelle, nourri aux meilleures sources : lettres, carnets intimes, témoignages littéraires.
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Louis Leibrich,  Thomas Mann. Une recherche spirituelle, Aubier, 1974

Descriptif
Enfin un spécialiste secourable se fait notre guide à travers l'œuvre foisonnante de Thomas Mann. Tout le monde connaît LA MONTAGNE MAGIQUE, les BUDDENBROOK, mais l'ampleur et la variété de l'œuvre : nouvelles, romans, essais en tout genre et une importante correspondance, ne sont, d'ordinaire, saisis que par bribes. En suivant l'ordre chronologique, Louis Leibrich nous montre comment, dans les écrits de Thomas Mann, les thèmes, les idées et les images s'enchaînent et se développent. Introduction indispensable à un auteur qui, du biologique au psychique, du politique au religieux, aborde avec une intuition passionnée les problèmes fondamentaux d'aujourd'hui.
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Hans Wisskirchen,  Thomas Mann et les siens. Une dynastie d'écrivains, Bartillat, 2002

Descriptif
La famille de Thomas Mann incarne à elle seule un chapitre important de l'histoire littéraire de l'Allemagne au XXe siècle. Elle compte en son sein de nombreux écrivains de premier ordre. Les frères Thomas et Heinrich, mais aussi les enfants de l'auteur de Mort à Venise : Klaus, Erika, Golo... Cet essai retrace son parcours des origines à Lübeck aux années d'exil à partir de 1933. Il montre également les processus à l'œuvre au sein de la famille, marquée par de nombreux destins tragiques.
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Maurice Godé, Thomas Mann, Belin, Collection: Voix allemandes, 2010

Résumé: "Thomas Mann (1875-1955) a conquis à l'âge de vingt-six ans la notoriété littéraire avec la publication de son roman naturaliste Les Buddenbrook. S'il s'est essayé à la poésie et au théâtre, c'est comme auteur de nouvelles et de romans qu'il est connu dans le monde entier, notamment avec La Mort à Venise et La Montagne magique. Nationaliste lors de la Première Guerre mondiale, il s'est mué en ardent propagandiste de la république de Weimar, puis - depuis son exil aux États-Unis - en adversaire intraitable de l'Allemagne nazie. Ses essais comme ses oeuvres fictionnelles sont un précieux témoignage sur les grands débats d'idées qui ont passionné le XXe siècle et restent d'une brûlante actualité." - présentation de l'éditeur
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Madame Thomas Mann: La vie de Katharina Pringsheim (1883-1980), Editions Jacqueline Chambon, 2006

Présentation de l'éditeur
Qui était Katia Pringsheim ? L'enfant gâté d'une famille juive de la grande bourgeoisie. L'une des premières étudiantes à s'inscrire en 1901 à l'université de Munich. La fille d'Alfred et Hedwig Pringsheim, cultivés et libéraux, qui recevaient le tout Munich intellectuel et artistique dans leur hôtel particulier de la Arcisstrasse. La fiancée indécise que Thomas Mann, futur prix Nobel de littérature, avait décidé d'épouser.
Devenue la femme du «plus grand écrivain allemand de son temps», qui fut Katia Mann ? La collaboratrice indispensable, qui veillait sur le confort du «Magicien», négociait les contrats, tapait les manuscrits, élevait six enfants doués mais difficiles avant d'organiser, en 1933, l'exil de la famille, d'abord en Suisse puis en Amérique. Un exil doré certes mais une rude tâche aussi, car il fallait protéger la tranquillité de l'écrivain, arbitrer les différends politiques entre les deux aînés, Erika et Klaus, et leur père, recevoir amis et admirateurs, aider des intellectuels allemands fuyant le nazisme. Une femme accomplie donc, Mme Thomas Mann. Certes, mais à la force du poignet, accueillant honneurs et déboires, bonheurs et deuils avec le même sang-froid et cet humour incisif qui était sa façon d'aimer la vie.
Marianne Krull, Les Magiciens. Une autre histoire de la famille Mann, Seuil, 1995, 400 pages

Présentation de l'éditeur
Quelle famille fascinante que la famille Mann ! Combien, parmi ses membres, d’hommes et de femmes tentés, avec des fortunes diverses, par l’écriture ou la scène ! Et combien de destins s’entrelaçant autour de celui de Thomas, son représentant le plus illustre, que ses enfants surnommaient « le magicien » ! Magicien du verbe, il le fut assurément. Mais le mot dit bien toute l’aura de mystère qui entourait cet homme inaccessible et intimidant. Certains, comme son frère Heinrich ou son fils Klaus, furent le jouet de ses enchantements funestes. Avaient-ils voulu devenir à leur tour des magiciens ? Partant du suicide de Klaus en 1949 à Cannes, Marianne Krüll reconstruit l’histoire complexe d’une famille hors du commun. Malédictions, refoulements, désirs incestueux ou homosexuels, pulsions suicidaires semblent se transmettre d’une génération à l’autre et finissent par produire l’impression d’une implacable cohérence de ces destins. Grâce à la multiplicité des approches – sociologique, psychanalytique, historique – comme des sources consultées – correspondances, carnets intimes, œuvres littéraires –, Marianne Krüll parvient à mettre au jour la structure et les nombreuses facettes d’une histoire familiale où la littérature et la vie n’ont cessé de s’imbriquer
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Katia Mann, Thomas Mann: souvenirs à bâtons rompus, Editions Albin Michel 1975, 186 pages

Présentation de l'éditeur
Katia Mann a été l'épouse pendant 50 ans de l'écrivain Thomas Mann. Elle n'a jamais écrit et disait : "Dans cette famille, il faut bien qu'au moins une personne s'abstienne d'écrire".Pour ce livre, elle a bien voulu répondre à une longue interview à laquelle a contribué son fils Michael : "Si aujourd'hui je me prête à cette interview, il faut l'attribuer exclusivement à ma faiblesse et à mon humeur conciliante". (1970)
Ainsi, elle nous raconte avec beaucoup d'intérêt pour les amateurs de Thomas Mann. Je crains par contre que ce livre soit très difficile à trouver aujourd'hui. J'ai eu la chance de l'acheter récemment dans une bouquinerie.
Katia Mann parle tout d'abord de sa famille les Pringsheim, dont le père était mathématicien et des circonstances qui lui ont fait rencontrer Thomas Mann, dans un tramway puis chez des amis (rencontre arrangée par l'écrivain). Il était déjà renommé pour son roman "Les Buddenbrook".
Tout au long de leur vie, les Mann ont cotoyé de nombreux écrivains, musiciens ou intellectuels. Katia raconte les liens avec Hesse ou Hauptmann. Bruno Walter, le célèbre chef d'orchestre, a été un ami de toujours, d'autant que Thomas était passionné comme Walter par l'oeuvre de Wagner.
En 1929, Thomas Mann reçoit le Prix Nobel de Littérature et Katia l'accompagne à Stockholm comme Il en sera pour tous les voyages qu'il entreprendra, d'où la richesse de ses souvenirs. Elle lui donnait aussi des conseils, des idées pendant que son mari écrivait. Elle a fortement influencé l'écriture de "La Montagne Magique" ayant vécu l'expérience des sanatoriums compte tenu de la fragilité de sa santé.
L'on connait les difficultés rencontrées avec le nazisme puisque dès l'accession de Hitler au pouvoir en janvier 1933, les Mann, alors en voyage à l'étranger n'ont pas pu rentrer en Allemagne. Le Sud de la France, la Suisse puis les USA ont été alors leur terre d'accueil.
Katia évoque également Schonberg, pas très agréable ; Adorno, "le conseiller" pour l'écriture du "Docteur Faustus" qui osa ensuite dire que c'était lui l'auteur du livre.
On suit ainsi la vie de ce couple "généreux" toujours pris entre famille, politique, écriture, amitiés... au point de sacrifier une partie de leur vie aux autres. Katia, encore plus, par fidélité sans faille à son époux, que les aînés appelaient "le magicien"... oui, un magicien des lettres...
Un livre passionnant de bout en bout à lire absolument.
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Dieter Strauss,  Klaus Mann et la France, Seghers;Éd. Bilingue, 2002,  198 pages
(Dieter Strauss est directeur du Goethe-Institut à Paris)

Présentation de l'éditeur
Il y a des moments où l'on se demande si le meilleur des Mann, ce n'était pas Klaus, le fils, qui s'est suicidé à Cannes, un jour de pluie, le 21 mai 1949 ". Bernard Frank, Le Nouvel Observateur.
Très tôt, Klaus Mann perçoit les dangers du nazisme et quitte l'Allemagne dès 1933. Et c'est l'exil qui lui suggérera quelques-uns de ses grands livres, tels Le Volcan, Le Tournant et Méphisto, mis en scène par Ariane Mnouchkine, en France, en 1979, mais toujours officiellement interdit en Allemagne. Documents inédits à l'appui, cet ouvrage éclaire, sous l'angle de l'émigration des années 30, cette période si riche et douloureuse de la culture allemande et des liens noués alors avec l'intelligentsia française. Il montre comment le séjour en France de Klaus Mann, de 1933 à 1938, bouleversa sa vie personnelle et intellectuelle. Il rappelle que l'écrivain, qui rencontre aujourd'hui un écho de plus en plus large, fut non seulement un opposant à Hitler résolument engagé, mais aussi un européen convaincu, pour qui l'édification de l'Europe passait par le rapprochement de la France et de l'Allemagne. Cette monographie bilingue constitue le catalogue de l'exposition du Goethe Institut " Klaus Mann et la France : un destin d'exil " (octobre 2002 - octobre 2004).
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Klaus Mann, Le Tournant : Histoire d'une Vie, Edition: Actes Sud, 2008, 688 pages.

Présentation de l'éditeur
Né en 1906, Klaus Mann, le fils aîné de Thomas Mann, fut un écrivain précoce qui, à dix-huit ans, avait déjà publié une pièce de théâtre et un recueil de nouvelles.
Seul ou avec sa sœur Erika, il commença dès ce moment à parcourir le monde- Europe, Asie, Etats-Unis...
Mais, très vite, cette vie insouciante et libre de dandy des Années folles - drogue dure, sexe, homosexualité affichée - fut interrompue par la montée du nazisme, auquel il s'opposa résolument dès le début.Ecrivain prometteur encouragé par Cocteau et Gide, il fonda en exil une revue antifasciste à laquelle collaborèrent notamment Einstein, Brecht, Trotski, Pasternak, Roth et Hemingway, et participa, en 1934, à la préparation avec René Crevel du Congrès international pour la défense de la culture.
Après avoir été correspondant de guerre en Espagne du côté républicain, il s'installa aux Etats-Unis en 1938, et c'est sous l'uniforme américain qu'il devait revenir dans une Allemagne en ruine.
Son œuvre romanesque - Fuite au nord, Le Volcan, Mephisto - contenait déjà de nombreux fragments autobiographiques.
Mais il fallut attendre Le Tournant, qu'il acheva peu avant son suicide à Cannes, en 1949, à l'âge de quarante-deux ans, pour qu'il brosse magistralement la fresque tragique de son temps.
La beauté du livre tient à cette étrangeté : c'est l'autobiographie sans confession d'un homme plus attentif aux autres et à son époque qu'à lui-même.
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Jean-Michel Rey, Le suicide de l'Allemagne; sur le Moïse de Thomas Mann, Desclee De Brouwer, 2018, 19,50 €

Descriptif
En 1943, exilé aux États-Unis, Thomas Mann publie une longue nouvelle, La Loi, qui ouvre un recueil collectif intitulé Les Dix Commandements. Décrivant cette oeuvre méconnue et la replaçant dans son contexte, Jean-Michel Rey mène alors une enquête passionnante sur le statut de la culture juive dans une Europe hantée par les fantasmes d'un retour aux Grecs.
Ce qui est décrit et analysé, c'est le suicide de l'Allemagne : la manière dont cette nation s'est privée d'une part essentielle d'elle-même, à savoir l'« esprit juif ». Thomas Mann rejoint ici certains propos de Heinrich Heine, de Franz Kafka et les développements poétiques de Nelly Sachs dans les mêmes années. Il est proche également des préoccupations de Freud, en 1939, dans L'Homme Moïse et la religion monothéiste - avec qui il entre dans une rivalité amicale et admirative.
Thomas Mann retourne le vocabulaire accaparé par les nazis - le «peuple», la « pureté », le « salut ». Il démontre que c'est la langue même qui, avec le nazisme, a été dénaturée. Déployant des analyses d'une grande finesse sur la catastrophe en cours depuis 1933, il nous permet de comprendre que ce qui s'est joué dans la dernière guerre ne saurait être oublié. Occasion de se demander pour quelles raisons un pays fut amené à se détruire, à se priver d'une partie de ce qui le constituait, avec une rapidité si surprenante.
Jean-Michel Rey est professeur émérite de l'université Paris VIII où il a enseigné la philosophie et l'esthétique. Il est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages, parmi lesquels : La Part de l'Autre (1998), Le Temps du crédit (2002) et Les Promesses de l'oeuvre (2003).
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Thomas Mann, Journal - 1918-1921, 1933-1939 - Grand Format, Gallimard, 1985, 684 p.

RÉSUMÉ
C'est toujours un rare privilège de pénétrer dans la vie quotidienne d'un grand écrivain. Avec le Journal de Thomas Mann, le privilège est multiple : nous participons à ses petites joies et à ses petites misères de tous les jours, mais aussi à l'élaboration de son ouvre au fur et à mesure qu'il y travaille, qu'il forme des projets pour l'avenir, qu'il livre ses textes à la publication. Mais l'intérêt essentiel de ce Journal, ce sont sans doute les réactions à chaud de l'auteur face à la situation politique, d'abord dans les années 1918 à 1921, période où il vit intensément la fin de la Première Guerre mondiale, les troubles de la République des Conseils de Munich et les débuts de la République de Weimar.
Il faut ensuite attendre 1933 pour que le Journal reprenne son fil. Nous ne saurons donc jamais comment Thomas Mann a ressenti la première tentative de faire fonctionner en Allemagne un Etat démocratique. Surpris par la prise de pouvoir de Hitler alors qu'il effectuait un séjour en Suisse, il comprend aussitôt la gravité de ce qui se passe et décide de ne pas rentrer en Allemagne. Dès lors, son Journal nous fait vivre sa répulsion vis-à-vis du national-socialisme, les problèmes que lui pose l'abandon en Allemagne de sa maison et de l'essentiel de sa fortune, mais aussi les espoirs et les joies que lui procure l'accueil que lui réserve l'étranger.
Les séjours en France et en Amérique jalonnent cette période, et l'attitude antinazie de l'écrivain ne se dément jamais.
Thomas Mann, Journal 1940-1955 - Grand Format, Gallimard, 2000

RÉSUMÉ
Lorsque commence cette deuxième partie du Journal, Thomas Mann a soixante-cinq ans. Il s'agit donc ici des quinze dernières années de l'écrivain. Installé aux Etats-Unis, dont il ne tardera pas à devenir citoyen, il se fait construire la grande et belle maison de Pacific Palisades, tout près d'Hollywood. Malgré son dépit face à la fortune réalisée par d'autres émigrés comme Werfel, il vit à son aise et en accord avec la politique de Roosevelt.
Ce n'est qu'au plus fort de la guerre froide qu'il exprimera de vives réticences à l'égard de la politique américaine, et ce sera l'un des éléments qui détermineront son retour en Europe, puis son installation en Suisse. Il a depuis longtemps accédé à la gloire mondiale. Son premier souci est de terminer son œuvre dans la dignité, car il a une haute idée de lui-même et de sa mission. Pendant les années de la guerre, qu'il vit avec une passion anti-hitlérienne de tous les instants, il termine la vaste fresque de Joseph et ses frères et rédige Le docteur Faustus.
Ensuite viendront L'élu et Les confessions du chevalier d'industrie Félix Krull, qu'il reprend après des années et qui connaîtra un énorme succès dans l'Allemagne d'après-guerre. Le Journal nous montre un homme vieillissant mais encore plein de vitalité, avec ses faiblesses - vanité tirée de sa réception à la Maison-Blanche ou de son audience privée chez le pape, amourette de vieillard avec Franzl, le dernier de ses " jouvenceaux divins " - mais aussi avec ses grandeurs face à la souffrance collective et personnelle - la guerre, bien sûr, le suicide de son fils Klaus et la mort de son frère Heinrich.
Un témoignage passionnant sur les dernières années d'un grand écrivain.
Thomas Mann, Lettres, Éditeur : Gallimard-NRF, Collection: Du monde entier,1966, 608 pages

Sarindar, 07 juillet 2014
Rien ne vaut une correspondance pour connaître le parcours d'un écrivain, sa vie intime, ses pensées profondes, le profil de ses amis, le pourquoi de ses coups de coeur, les motifs de ses agacements, ses préférences partisanes, ses goûts esthétiques et la genèse de son oeuvre. Nous sommes dans la période où Thomas Mann fit ses premières armes : après la mort de son père en 1891, la vente de la maison commerciale de ce dernier, des années médiocres et d'un ennui profond sur les bancs d'école, une expérience peu concluante dans une société d'assurances, le jeune Thomas se tourna résolument vers la littérature : il se forma en autodidacte, puis se mit à écrire romans et nouvelles, et, parallèlement, il multiplia les lettres à ses amis, mais aussi à celle qui devait devenir la compagne de sa vie, Katia Pringsheim, dont il possédait depuis longtemps un portrait d'enfance sans même la connaître. C'est l'époque où l'étonnement devant sa production littéraire, la beauté d'un style ciselé mêlé à un art certain dans la description détaillée des lieux, des objets comme du physique et des impressions et sentiments des personnages de son oeuvre faisaient l'émerveillement de tous ceux qui la lisaient. Les Buddenbrooks, Tonio Kroger, La Mort à Venise, La Montagne Magique, tant de romans, de nouvelles, d'essais voient le jour durant cette période, et nous voyons l'avancée des travaux au fil de la correspondance, les problèmes que posa la création de quelques textes ou de quelques passages épineux, les étais posés par l'écrivain, la manière qu'il avait de préparer son travail par la constitution de dossiers sur un sujet abordé ou par des mises au point historiques, biographiques, littéraires, philosophiques ou culturelles (notamment pour les essais mais aussi pour la mise en route de Joseph et ses frères), les heures propices à la création et le nombre de pages écrites, la régularité de ce travail dans un emploi du temps assez régulier, les lectures du jour (par goût ou sous le coup de l'actualité ou d'un conseil d'ami), l'engagement en faveur de la démocratie et contre le nazisme dans l'entre-deux Guerres, la décision difficile à prendre mais incontournable de quitter son pays, l'Allemagne, livrée aux monstres hitlériens, en laissant derrière lui la splendide bibliothèque constituée dans sa résidence munichoise, ses passages par la Tchécoslovaquie, la France, la Suisse (en attendant, plus tard, une installation sur la côte ouest des États-Unis durant la Seconde Guerre mondiale). Vie passionnante, qui nous fait côtoyer les plus grands écrivains germaniques de l'époque, mais aussi quelques français comme André Gide, et qui, influencée par les grands bouleversements de la fin du XIXeme siècle et des trois premières décennies du XXeme siècle, n'en reste pas moins celle d'un humaniste qui voulait que l'Art et la Culture restassent des phares pour notre monde à l'heure où l'économie marchande commençait de primer. Peut-être eut-il beaucoup de chance dans son malheur, car si ce fut pour lui une grande souffrance de voir son pays épouser la folie barbare imposée par Hitler et ses séides, il fut au fond bien entouré par ses proches et put tant bien que mal poursuivre dans des havres de paix domestiques la construction d'une oeuvre marquée par les grands drames europeens que furent les deux grands Conflits mondiaux du XXeme siècle mais aussi par la foi dans un avenir meilleur. Il était sans doute un peu trop optimiste, malgré les sombres heures qu'il traversa. Et l'on peut se demander si, enfermé dans son petit univers douillet, sans cesse reconstitué là où il dut se réenraciner, il ne fut pas un peu aveugle à ce qui se passait dans son entourage familial : sa gloire écrasait les autres membres de sa famille, il faisait de l'ombre à un frère très talentueux, Heinrich, un peu moins célèbre que lui, et à des enfants impressionnés par sa stature d'écrivain universellement reconnu (Prix Nobel de Littérature en 1929). Voulait-il être l'astre brillant au milieu des siens ? Les années ultérieures montreront que l'image de bon père de famille, pater familias protecteur, qu'il cherchait à se donner pouvait masquer bien des problèmes.
Mais si on laisse de côté ces quelques aspects plus personnels, on est sous le charme et l'on a l'impression de s'enrichir culturellement et de grandir en humanité quand on se met à lire cette correspondance qui fait de Thomas Mann l'un des meilleurs témoins de son temps.
François Sarindar, auteur de : Lawrence d'Arabie. Thomas Edward, cet inconnu (2010).
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Correspondances
Hermann Hesse, Thomas Mann: Correspondance, José Corti, 1997
Theodor W. Adorno, Thomas Mann: Correspondance 1943-1955, Klincksieck, 2009

Studii tematice

Frédéric Tristan, Cahier Thomas Mann, Éditions de l'Herne, Cahiers de l'Herne, n° 23, Paris, 1973, 331 p.
Jacques Darmaun, Thomas Mann et les Juifs, Éd. Peter Lang, 1995
Jean Finck, Jean-Michel Palmier: Thomas Mann et la psychanalyse, Précédé de Thomas Mann et l'irrationnel, par J.-M. Palmier.1982, Éd. Belles Lettres, Coll. Confluents psychanalytiques,
Philippe Zard, La Fiction de l'Occident. Thomas Mann, Franz Kafka, Albert Cohen, PUF, 1999
Pascal Dethurens,Thomas Mann et le crépuscule du sens: création littéraire et culture européenne dans l'oeuvre de Thomas Mann, Éditeur: Georg Institut européen de l'Université de Genève, Collection: L'Europe en perspective, 2003
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 Biografii in germana
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lundi 27 avril 2020

13. thomas mann si ai sai



CASA MANN

ERIKA SI KLAUS MANN





ERIKA SI W.H AUDEN

A
Incerc, ca si tine, draga S., sa inteleg sinusoidele si zigzagurile ideilor politice ale lui Thomas Mann, patricianul din Lübeck, ultralucidul creator al atator opere perene, pe care ne e greu sa ni-l inchipuim cazut prada vreunei demonii politice obnubilante. Simtim amandoi, evident, un disconfort mental citind unele aprecieri (binevoitoare? doar naive? pur conjuncturale?) ale scriitorului, referitoare la Rusia stalinista. Poate ca informatiile de mai jos, oferite in vrac, ne vor ajuta sa intelegem, intro oarecare masura, cum gandeau oamenii din epoca sa: cei din cercul sau familial, cei din sfera culturala si politica europeana si transatlantica, autorul Mortii la Venetia insusi.
Oricum ar sta lucrurile, Thomas Mann n-a fost un compagnon de route, nici un idiot util. Si-a asumat confruntarea cu Hitler pe persoana fizica, ca german si ca scriitor. Intre machiavelicul Naphta si iluministul Settembrini, tanarul onest si fragil Hans Castorp ramane figura generica a unei generatii supuse tuturor tentatiilor, ratacirilor si  reumanizarilor post traumatice care brazdeaza chipul unui secol al extremelor.
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B. Context biografic simplificat

Thomas Mann. (n.6 iunie 1875 la Lubeck - d. 12 august 1955 la Zurich). Scriitor german. Premiul Nobel pentru Literatura,1929.
In timpul Primului Razboi Mondial, tanarul Thomas Mann e impregnat de idei nationaliste si monarhiste; sprijina  ferm Germania imperiala. In 1918, eseul Consideratiile unui apolitic marcheaza apropierea de curentul denumit Revolutia conservatoare. Disensiuni cu fratele Heinrich, caruia ii reproseaza  inclinarea spre un necumpatat activism politic. Thomas Mann se declara apolitic, fiind convins ca scriitorii autentici au o singura misiune: arta. Conferinta tinuta in 1922, Despre Republica germana, semnaleaza o reorientare politica: ramane “monarhist in suflet” dar “republican pe planul ratiunii”.
Atitudine favorabila fata de Republica de Weimar. Se inscrie in Partidul Democrat German (Deutsche Demokratische Partei, prescurtat DDP), cunoscut sub numele (curios) de Partidul German de Stat (Deutsche Staatspartei), de orientare liberala (1919-1933).

In 1929,Academia suedeza ii atribuie premiul Nobel pentru romanul Casa Buddenbroock
In 1930, povestirea Mario si vrajitorul, parabola cu subtext anti-fascist, nu trece neobservata. E huiduit de extremisti de dreapta la o conferinta. Se declara adept al socialismului. Dupa venirea la putere a lui Hitler pe 30 ianuarie 1933, Thomas Mann se simte direct amenintat.

Dupa incendierea Reichstagului, se stabileste impreuna cu familia in Elvetia (la Küsnacht, langa Zurich). Intre 1933-1934, cartile sale continua sa fie editate si vandute in librariile din Germania, de unde o anumita prudenta in declaratii, reprosata de intelectualii germani aflati in emigratie si de copiii sai, Erika si Klaus. In 1936 i se retrage cetatenia germana. Autoritatile ii confisca toate bunurile si proprietatile. Pe 16 noiembrie devine cetatean cehoslovac. In 1938  tine o conferinta in care  isi exprima credinta in  “victoria finala a  democratiei” si reprobarea pentru liderii politici semnatari ai Acordului de la Munchen.

Dupa ocuparea regiunii Sudetilor (1938), emigreaza in Statele Unite (1939). Se stabileste initial la Princeton (New Jersey) apoi in California, in mica localitate Pacific Palisades, in 1942. Lucreaza la Romanul Doktor Faustus (care avea sa apara 5 ani mai tarziu, in 1947).  Intalneste emigranti germani: Berthold Brecht, Fritz Lang, Lion Feuchtwanger.

O admiratoare americana (Caroline Newton) ii pune la dispozitie casa ei din Rhode Island. Face cunostiinta cu o ziarista (originara din Bremen), Agnes Meyer, al carei sot extrem de bogat si influent (presedintele Bancii Federale Americane) ii inlesneste obtinerea unui post la Universitatea Princeton.

Thomas Mann, care descoperise inca din 1922 operele poetice ale lui Walt Whitman, apreciaza pozitiv America si elogiaza caracterul primitor, bunavointa si onestitatea locuitorilor noii sale patrii. Spatiile vaste ale tarii de refugiu i se par la antipodul “ingustimii batranei Europe”.
In timpul razboiului se adreseaza prin emisiuni radiofonice poporului german, indemnandu-l la rezistenta impotriva regimului hitlerist. Obtine cetatenia americana in 1944 (fapt criticat de intelectualii germani din emigratia interna).

Dupa 1945, se intoarce de mai multe ori in tara natala unde i se decerneaza premiul Goethe. In 1952 revine in Elvetia. Numele lui e vehiculat in cercurile politice  pentru functia de presedinte al Germaniei Federale. In 1954 devine cetatean de onoare in orasul natal Lübeck. Moare un an mai tarziu, la Zurich. E inmormantat la Kilchberh, langa Zurich.
C. Clanul Thomas Mann (fise)
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Thomas Mann, scriitor, nascut intr-o familie bogata de negustori de grâne din Lubeck.
Tatal - consul al Tarilor de Jos din 1884, membru in Senatul orasului Lubeck. Mama, nascuta Julia da Silva-Bruhns, originara din Brazilia; provenea dintro familie de comercianti germano-braziliana.

Fratele Heinrich Mann n.1871, presedinte al sectiei de poezie din cadrul Academiei de arte din Berlin. Scriitor. Pus la index dupa 1933, cartile lui arse in cadrul autodafeurilor organizate de Goebbels. Se refugiaza in Franta (locuieste la Paris si la Nisa). Scrie articole pentru ziarul comunist Ce soir. Reuseste cu mari eforturi sa ajunga in Statele Unite, trecand prin Spania si Portugalia (reteaua Varian Fry)
In 1949 e numit presedinte al Academiei  de Arte din Berlinul de Est dar nu se poate deplasa in Germania. Moare in California. Corpul repatriat in 1961; inmormantat la Berlin.
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Copii lui Thomas Mann (1875-1955)  si ai Katiei Mann (n. Pringsheim) (1883-1980)

Erika Mann (n. 1905)
Klaus Mann (n. 1906)
Golo Mann (n. 1909)
Monika Mann (n. 1910 )
Elisabeth Mann-Borgese (n. 1918)
Michael Thomas Mann (n. 1919)

Cuplul fratern-sororal Klaus si Erika Mann

Erika, n.1905. Inzestrare artistica timpurie. Infiinteaza un Cabaret satirico-literar la Munchen unde sunt prezentate in montari scenice texte de Klaus si Erika. E ultima membra a familiei Mann care paraseste Germania pentru a se refugia la Zurich.

Casatorie de convenienta cu poetul englez W.H. Auden pentru a obtine cetatenia britanica. In 1937 ajunge la New-York; in 1938 e corespondenta de razboi impreuna cu Klaus in Spania.

Lucreaza pentru ziare americane, BBC si US Office of War information (OWI) din New York. Corespondenta de presa la Nuremberg in 1945-46. In 1952, FBI ii ancheteaza opiniile politice si orientarea sexuala. Atacuri in presa maccarthista. Se intoarce impreuna cu familia in Elvetia, unde devine colaboratoarea indispensabila a tatalui ei si custodele uriasei arhive a familiei Mann. Moare in 1969.
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Klaus Mann  (1906-1948)

Inzestare literara timpurie. Primele sale texte sunt inspirate de estetismul lui Stefan George

Adversar al nazismului din convingere politica si din cauza orientarii lui sexuale, penalizata drastic de noile autoritati, lui Klaus Mann i se retrage cetatenia germana in 1934. Dupa peregrinari in Franta, Olanda (unde publica o revista literara militanta, cu colaborari interesante: Bertolt Brecht, Albert Einstein, Lev Trotski, Ernest Hemingway, Boris Pasternak) se stabileste in Elvetia, alaturi de familia sa. Obtine cetatenia cehoslovaca, ca si tatal sau (gratie sprijinului presedintelui Beneš). In 1935 participa  la Congresul international al scriitorilor de la Paris (printre organizatori:Gide, Malraux, unchiul Heinrich).

Devine dependent de droguri. Corespondent de presa in Spania, alaturi de Erika (in 1936 si din nou in 1938). Emigreaza in Statele Unite. Doua carti il impun pe scena culturala a epocii: Escape to life, despre peripetiile emigratiei antifasciste germane si Vulcanul, in care sustine viziunea utopica  a unui umanism socialist care permite “fiecarui om sa-si gaseasca locul - chiar si toxicomanilor, homosexualilor, anarhistilor”. Cartea a fost apreciata binevoitor  de tatal sau.

Bantuit de un sindrom depresiv suicidar, isi taie venele in 1942. Dupa o cura de dezintoxicare, se inroleaza in armata americana. Obtine cetatenia americana in 1943. Participa la campania din Africa (ajunge in Casablanca pe 2 ianuarie 1944) apoi la cea din in Italia. Ca  lucrator in serviciul  de influentare psihologica al armatei. (Psychological Warfare Branch), are ocazia sa-l interogheze pe Göring. 

O noua tentativa de suicid  in 1948, urmata de o noua cura de dezintoxicare la Nisa. Se  sinucide la Cannes cu o supradoza de bartbiturice. Avea 42 de ani.

Sora lui Klaus, Erika, a pus sa se scrie pe piatra tombala a fratelui ei din cimitirul  Grand Jas din Cannes (n.b.-unde e in mormantat si Nicolae Titulescu, 1941)  fraza din Evanghelia dupa Luca, care trebuia sa serveasca drept motto la cartea Ultima zi, romanul politic la care Klaus Mann lucra cu putin inainte de moarte: “ Oricine va căuta să-şi scape viaţa o va pierde şi oricine o va pierde o va găsi”
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Monika Mann (1910-1992). Studii muzicale (pian) apoi cariera de scriitoare. Casatorita in 1939. Nava care ii transporta pe cei doi soti in Canada e atacata de un submarin german (1940). Sotul moare, Monika se salveaza in extremis. Primeste cetatenia americana in 1952. Traieste la Capri intre 1954-1986. Scrie cinci carti si publica articole in presa italiana germana si elvetiana. Isi traieste ultimii ani de viata la Leverkusen (Germania) impreuna cu familia fratelui Golo.
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Elisabeth Mann  (1918-2002), casatorita cu scriitorul antifascist italian Giuseppe Antonio Borgese, cu 36 de ani mai in varsta decat ea. In anii 60, se instaleaza la Chicago ca secretara executiva la biroul american al Enciclopediei Britanice. Se specializeaza in protectia mediului si devine membra a Clubului de la Roma. Experta in drept si politici maritime. Deces la Saint Moritz in Elvetia, in 2002.


Angelus Gottfried Thomas (Golo) Mann (1909-1994). Istoric, scriitor, filosof. In mai 1940, invazia germana in Franta, il gaseste pe germanul Golo Mann inrolat ca soldat in armata franceza. Dupa infrangere, “cetateanul strain” Angelus Gottfried Thomas Mann e internat de autoritatile franceze colaborationiste in lagar. Evadeaza si trece Pirineii impreuna cu un grup de germani format din unchiul sau Heinrich, sotia acestuia, Nelly Kröger, Franz Werfel et Alma Mahler-Werfel. Ajunge in Statele Unite unde functioneaza ca profesor universitar. In 1958 revine in Europa si preda la Stuttgart. Orientarea lui sexuala ii creaza probleme (e indepartat de la universitate in 1963).
Intre anii 60-70 sustine  doctrina Ost Politik a lui Willy Brant, ulterior pe liderul crestin- democrat bavarez J.F. Strauss.
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Michael Mann, mezinul (1919-1977).
Violonist; studii muzicale la Paris, Zurich si New York. Concerte impreuna  cu pianista  Yaltah Menuhin, sora lui Yehudi Menuhin. Renunta la muzica si preda literatura la Berkeley. Se sinucide in 1977 cu barbiturice. Michael Mann fusese singurul membru al familiei care asistase la inmormantarea fratelui Klaus la Cannes. E inhumat intrun cimitir de langa Zurich.

D. Familia Mann, fabrica de cultura

Heinrich Mann (n.1871, Lübeck – d.1950, Santa Monica, California), fratele mai mare al lui Thomas Mann. Scriitor.
Scrieri
Profesorul Unrat sau sfârșitul unui tiran (1905), adaptare cinematografica de Josef von Sternberg  sub titlul Ingerul Albastru (1930), cu Emil Jannings si Marlene Dietrich.
Supusul, 1919
Tineretea regelui Henric al IV-lea, 1935

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Copiii lui Thomas Mann si ai Katiei Mann:
Erika Mann, n.1905, Munchen - d.1969, Zurich, scriitoare, actrita si cantareata.
Scrieri
Evadarea (in colab.cu fratele Klaus Mann), 1939
Cand luminile se sting, 1940
Cealalta Germanie (in colab. cu Klaus Mann), 1940
Ultimul an din viata lui Thomas Mann, 1958

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Klaus Mann, n.1906, Munchen - d.1949, Cannes, scriitor, actor
Scrieri
Mephisto. Romanul unei cariere, 1936. Adaptare cinematografica de István Szabó,cu Klaus Maria Brandauer (1980)
Vulcanul.Un roman al emigratiei germane (1933-1939), 1939
Cotitura. Romanul unei vieti, 1942
André Gide si criza gandirii moderne, 1943
Stefan Zweig-Klaus Mann, Correspondance 1925-1941, Paris, Phébus, coll. Littérature étrangère, 2014
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Gottfried (Golo) Mann, n.1909,Munchen - d.1994, Leverkusen; istoric, scriitor si filosof.
Scrieri
Despre spiritul Americii,1954
Istoria Germaniei in sec.XIX-XX, 1958
Ganduri si amintiri.O tinerete germana, 1986

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Monika Mann, n.1910 Munchen - d.1992, Leverkusen. Scriitoare
Miracolul copilariei. Imagini si impresii, 1966
Casa miscatoare. Despre viata unei cetatene a universului. Discutii, texte si scrisori, 2007

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Elisabetha Mann-Borgese, n.1918 Munich - Saint Moritz, 2002. Cetatenie americana din 1941 si canadiana din 1983. Scriitoare ecologista.
Scrieri
Drama oceanelor, 1975
Marea ca resursa globala, 1998

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Michael Mann, n.Munich-1919 d.1977, Orinda. Muzician si profesor de literatura germana
Scrieri
Vina si binecuvantare in opera lui Thomas Mann, 1975
Franturi de viata, 1983
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E. THOMAS MANN in campul ideilor politice

Fragment din articolul in lb.engleza Thomas Mann (Wikipedia.eng); traducere automata cu corecturi ulterioare 

Vederi politice
În timpul Primului Război Mondial, Mann a susținut conservatorismul  Kaiserului Wilhelm II, a atacat liberalismul și a sprijinit efortul de război al Reich-ului, numind Marele Război „o purificare, o eliberare, o speranță enormă”. Totuși, în  textul intitulat Von Deutscher Republik (1923), ca purtător de cuvânt semi-oficial al democrației parlamentare, Mann i-a chemat pe intelectualii germani să sprijine noua Republică de la Weimar. El a susținut, de asemenea, o prelegere la Beethovensaal la Berlin, la 13 octombrie 1922, care a apărut în Die neue Rundschau în noiembrie 1922, în care a dezvoltat o originala apărare a Republicii, pe baza unor lecturi din Novalis și Walt Whitman. După aceea, părerile sale politice s-au orientat treptat spre stânga liberală și principiile democratice.
Inițial, Thomas Mann a sprijinit Partidul Democrat German  (stânga-liberală), apoi s-a orientat si mai la stanga, sustinand partidul social-democrat.
În 1930, Mann a publicat la Berlin un apel intitulat „Un apel la rațiune” în care a denunțat puternic nazismul și a încurajat rezistența clasei muncitoare. Aceasta luare de pozitie a fost urmată de numeroase eseuri și prelegeri în care a atacat miscarea nazista. În același timp, Mann si-a exprimat o tot mai intensa simpatie pentru ideile socialiste. Când naziștii au ajuns la putere în 1933, Mann și soția sa erau în vacanță în Elveția. Anticipand o reactie dura a noilor autoritati, fiul său Klaus l-a sfătuit să nu se întoarcă. Spre deosebire de lucrarile  fratelui său Heinrich și ale fiului său Klaus, cărțile lui Mann nu s-au numărat printre cele arse public de regimul lui Hitler în mai 1933. Una din explicatii poate fi premiul Nobel pentru literatură, obtinut de Mann in 1929. În 1936, guvernul nazist i-a retras in mod oficial cetățenia germană.
În timpul războiului, Mann a redactat o serie de discursuri radiofonice anti-naziste, publicate ulterior sub numele Asculta, Germania! Acestea erau înregistrate în Statele Unite și apoi trimise în Marea Britanie, unde erau transmise de BBC catre ascultatorii germani.

Păreri despre comunismul rus și fascismul nazist

Mann și-a exprimat convingerile in textele citite la emisiunea radiofonica Ascultă, Germania! (Deutsche Hörer!). Mann considera ca “echivalarea comunismului rus cu fascismul nazist, plecand de la faptul că ambele sunt sisteme totalitare este fie superficială, fie neavenita,  exprimand o preferință mascata pentru fascism”. Scriitorul a incercat sa clarifice această părere în cursul unui  unui interviu acordat  presei germane in iulie 1949, declarând că nu a fost niciodata comunist, dar că comunismul avea totusi o legatura cu idealurile umanității și cu un viitor mai bun. El a mai spus că trecerea de la revoluția comunista la un regim autocratic a fost o tragedie, în timp ce nazismul a fost doar un “nihilism diabolic”.

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F. Thomas Mann si Rusia


Inainte de exil: In 1923, scriitorul rus Ivan Smeliov, refugiat la Paris, publica romanul Soarele mortilor, marturie directa a atrocitatilor savarsite de bolsevici in Crimeea. Cartea, interzisa in URSS, e prefatata de un text semnat de Thomas Mann, care reda impresiile acestuia dupa intalnirea  cu “poetul si martirul rus” Smeliov.
(Le soleil des morts, traduit du russe par Denis Roche, 1923, Préfacier: Thomas Mann (1875-1955), Postface : René Guerra, rééd.: Paris : Éd. des Syrtes , 2001)

Dupa exil:

Citate din pasajele cu relevanta pentru tema care ne preocupa din articolul lui Maurice Godé «Wo ich bin, ist Deutschland »Thomas Mann et les États-Unis, publicat in Recherches germaniques 41 | 2011,Varia

Text integral la adresa:


Thomas Mann a apprécié la démocratie américaine tant que Roosevelt a été au pouvoir. Mais après sa mort, il a considéré le conservatisme de son successeur de manière très critique, mettant en garde contre la démonisation de l’Union soviétique et contre les conséquences de la Guerre froide.
Cependant, sa sympathie pour son pays d’accueil reste critique, en particulier après la mort de son protecteur, le président Franklin D. Roosevelt. Selon lui, l’Europe d’après la guerre devra s’unir, avoir une dimension sociale, voire devenir « socialiste ». Les États-Unis, tels qu’ils évoluent depuis l’immédiat après-guerre, ne peuvent lui servir de modèle.
« C’était clair ou cela aurait dû être clair pour tous : plus fort que tout dégoût de la plèbe et du gangstérisme du national-socialisme, […] il y avait dans les démocraties capitalistes de l’Occident le cauchemar bolcheviste, la peur du socialisme et de la Russie »
La mise en cause du rôle du capitalisme dans l’ascension de Hitler et de l’État-nation explique la sympathie que lui inspire alors l’Union soviétique à qui il envoie en décembre 1942 des vœux de Nouvel An suite à la défense héroïque de Stalingrad.
En juin, Thomas Mann se déclare solidaire du Manifest des Nationalkomitees ‘Freies Deutschland’ lancé à l’initiative de communistes en exil et du KPDSU, mais se ravise le 1er août, jugeant trop « patriotique » et hostile aux alliés occidentaux le texte que le Comité vient d’adopter.
Dans la deuxième partie de cet essai, inquiet des dissensions qui se manifestent déjà entre Américains et Russes, Thomas Mann établit un parallèle aussi audacieux que conciliant entre la société égalitaire qu’aurait instituée l’Union soviétique et la civilisation américaine. L’idée fondamentale, appliquée dans la première, de « droit à posséder et à jouir des biens de la terre en commun » ne serait, au fond, pas différente de la manière de vivre américaine dans laquelle on observerait aussi une uniformisation des modes de consommation : « tout le monde fume les mêmes cigarettes, mange la même ice cream, voit les mêmes movies, écoute à la radio la même musique, même les différences dans l’habillement disparaissent de plus en plus […] ».
Lors de la campagne électorale de 1944, Thomas Mann s’était engagé en faveur de la réélection de Roosevelt dont la mort, en avril 1945, le bouleverse. Harry Truman lui succède à la présidence des États-Unis pour deux mandats (1945-1953). La politique extérieure et intérieure que mène alors l’Amérique déçoit Thomas Mann qui craint que la victoire sur les nazis soit « gâchée », comme elle l’avait été en 1918, par le conservatisme de la nouvelle politique américaine et par son agressivité à l’égard de l’Union Soviétique. Il juge la révolution socialiste non sur la « phase » présente – il concède qu’elle est alors une tyrannie – mais sur ses buts, qui lui paraissent parfaitement louables, et s’indigne que l’opinion publique américaine renvoie dos à dos fascisme et communisme comme totalitarismes de la même eau.
De toute façon, les responsables politiques de la partie de l’Allemagne occupée par les Russes ne lui semblent pas tous infréquentables : « J’ai rencontré parmi les officiels communistes », écrit-il, « plus d’une personne qui manifestement faisait des efforts de bonne volonté et était mue par un pur idéalisme ». Et si la police soviétique est omniprésente, il note avec satisfaction que les deux mille personnes présentes dans le Nationaltheater l’ont applaudi lorsqu’il a déclaré que « dans toute révolution sociale les conquêtes de l’humanité chèrement acquises : la liberté, le droit et la dignité de l’individu doivent être préservés comme étant sacrés»
 Pourtant, la sympathie de principe que lui inspire le projet socialiste ne l’empêche pas de voir ce que sa mise en œuvre a d’inquiétant et de révoltant : absence de libertés publiques, politisation du droit, muselage de la presse, pénurie notamment alimentaire. Il s’interroge en particulier sur le fait que Buchenwald sert maintenant de prison politique et que les enfants de « bourgeois » n’ont pas accès aux études supérieures. Et lorsqu’il décrit la débauche de banderoles et de drapeaux déployés en son honneur au bord des routes de la zone soviétique, il note que « les formes extérieures de la démocratie populaire ont une fâcheuse ressemblance avec les mises en scène de l’État hitlérien ».
Avant de mettre la dernière main à son Reisebericht, Thomas Mann avait réagi aux critiques, notamment à celles du journaliste suédois Paul Olberg qui, dans une lettre ouverte publiée par le Volksrecht de Zurich, lui avait reproché sa « complaisance » à l’égard de la dictature communiste. Sa « réponse à Paul Olberg » reprend des arguments figurant déjà dans le compte rendu de voyage mais y ajoute des formules provocantes, voire grossières, allant jusqu’à affirmer que « l’État populaire autoritaire a ceci de bon que la bêtise et l’arrogance doivent enfin y fermer leur gueule ». Thomas Mann a beau regretter aussitôt cette « bêtise » (dummer Streich), cette lettre s’est retrouvée très probablement dans le dossier constitué sur lui par le FBI. Des amis encore influents lui épargnent probablement une citation à comparaître.
Son jugement balancé sur le communisme de la zone soviétique (une dictature provisoire, voire salutaire) et la critique qu’il fait de la politique intérieure et extérieure des États-Unis après Roosevelt faisaient de la personnalité jusque-là respectée un suspect. Katia rapporte ce que l’on chuchotait alors autour d’eux à propos de son mari : « Mais est-il donc communiste ? »
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G. Domenico Losurdo si citatul din Thomas Mann:

« Placer sur le même plan moral le communisme russe et le nazisme fascisme, en tant que tous les deux seraient totalitaires, est dans le meilleur des cas de la superficialité, dans le pire c’est du fascisme. Ceux qui insistent sur cette équivalence peuvent bien se targuer d’être démocrates, en vérité et au fond de leur coeur, ils sont déjà fascistes; et à coup sûr ils ne combattront le fascisme qu’en apparence et de façon non sincère, mais réserveront toute leur haine au communisme« Thomas Mann cité par D. Losurdo
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Nota personala:

Domenico Losurdo e un caz! Mai exista trotkisti extrem de docti si informati, marxisti nostalgici cu obsesii leniniste (mai putin staliniste), vezi Alain Badiou sau Slavoj Žižek, dar niciunul nu are alonja intelectuala a profesorului de filosofie Domenico Losurdo, de la Universitatea din Urbino (decedat in 2018). Am citit fragmente din cartea lui intitulata Nietzsche il ribele aristocratico si am fost coplesit de vastitate informatiei si de coerenta implacabila demersului lui ideologic si istoriografic. Losurdo e un savant, fara discutie. Acest filosof si specialist in stiinte sociale e insa militant comunist din falanga extrem de redusa numeric a partizanilor neconditionati ai lui Stalin si ai regimului sau. E capabil sa duca razboaie interminabile si implacabile cu oricine atenteaza la miezul genuin pur al stalinismului. “Stalin e victima unei legende negre”, pe care profesorul din Urbino (patria lui Rafael!) si-a propus sa o demonteze si sa o distruga (vezi bibliografia - Staline: Histoire et critique d'une légende noire [« Stalin, Storia e critica di una leggenda nera »]

E inteligent, oribil, te urmareste ca un cosmar. Solutia? Trebuie citit!

E un Leonte Rautu inflexibil, inzestrat cu doxa  talmudica a lui Nicolae Tertulian, soliditatea ermetica a lui Lukacs, verva taioasa a lui Jdanov, cultura ideologiei praxisului a lui Radek, absurditatea definitiva, abominabila, absoluta si de neclintit a ideologiei de tip Lubyanka. Daca destinul ar fi decis sa traiasca la Moscova in annus mirabilis 1937, ar fi primit (cu o certitudine matematica de 99%)  glontul in ceafa binemeritat. Dar s-a nascut in 1941, in Italia si a ajuns eminent profesor de filo-sofie si filo-ticalosie stalinista. Stalin sa-l odihneasca si sa-l aiba in paza lui!
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Spicuiesc tematic din art. consacrat lui Losurdo:

Domenico Losurdo, né le 14 novembre 1941 à Sannicandro di Bari (Italie) et mort le 28 juin 2018, est un philosophe marxiste italien. Il a enseigné l'histoire de la philosophie à l'Université d'Urbino«Carlo-Bo».Il devient président de la Société internationale Hegel-Marx (Internationale Gesellschaft Hegel-Marx für dialektisches Denken); à partir de 1988, il est aussi membre de la Société Leibniz des sciences de Berlin (Leibniz Sozietät der Wissenschaften zu Berlin).
Pensée
Domenico Losurdo consacre son travail à l’histoire politique de la philosophie classique allemande de Kant à Marx et au débat qui se développe autour de celle-ci en Allemagne dans la deuxième moitié du xixe et au xxe siècle, pour procéder ensuite à une relecture de la tradition du libéralisme.
Critique du concept de totalitarisme
Reprenant les affirmations de Hannah Arendt dans Origines du totalitarisme (1951), Domenico Losurdo pense que le véritable péché originel du xixe siècle réside dans l’Empire colonial de la fin du xixe siècle où, pour la première fois dans l’histoire, se manifestent le totalitarisme et l’univers concentrationnaire.
Losurdo critique le concept de totalitarisme chez Hannah Arendt. Il considère que c'est un concept polysémique qui tire ses origines de la théologie chrétienne. Selon lui, en faire un concept politique relève d'un schématisme abstrait qui mène à isoler des éléments de la réalité historique pour établir une comparaison implicite entre les régimes fascistes et l'URSS au bénéfice des intellectuels de la Guerre froide et au détriment d'une recherche intellectuelle authentique.
Pour Losurdo, les origines du fascisme et du nazisme se trouvent dans les politiques colonialistes et impérialistes de l'Occident, qui, pour la première fois dans l'Histoire, ont perpétré des génocides administratifs et contrôlé politiquement des populations entières. D'après lui, le racisme et l'antisémitisme, y compris l'esclavage et le racisme aux États-Unis avec l'exclusion juridique des Noirs et le Ku Klux Klan, ont aussi beaucoup influencé les dirigeants nazis.
Holocauste et holocaustes
Pour Losurdo, l'Holocauste des Juifs n’est pas un événement incomparable. Il pense cependant qu’il présente une « particularité tragique ». La méthode de comparaison qu'il propose à ce sujet ne doit pas s’entendre comme une relativisation, une minoration. Selon lui, si l'on considère l’Holocauste des Juifs comme incomparable, c'est que l'on abandonne la perspective historique et qu'on occulte notamment l’ « Holocauste noir » (la réduction en esclavage des Africains noirs, puis le traitement spécifique qu'ils subissent à l'époque de l'esclavage, et même après) et l’ « Holocauste américain » (les sévices létaux infligés par les colons européens aux Indiens d’Amérique du Nord du début du XVIIème siècle à la fin du XIXème siècle).
Autophobie communiste
L'autophobie communiste est un concept élaboré par Domenico Losurdo dans son ouvrage Fuir l'Histoire2. Selon lui, il arrive que les victimes tendent à s'approprier le point de vue de leurs oppresseurs et commencent à se mépriser et à se haïr. Le concept de l'autophobie est essentiellement développé dans le cadre de l'étude de l'histoire juive, et de l'histoire de l'esclavage. Losurdo étend ce concept aux classes sociales et aux partis politiques ayant subi une "défaite". Il considère que l'autophobie se manifeste aussi dans les rangs de ceux qui, tout en continuant à se déclarer communistes, se montrent obsédés par le souci de réaffirmer qu'ils n'ont absolument rien à voir avec un passé qu'ils considèrent, eux comme leurs adversaires politiques, comme tout simplement synonyme d'abjection. Au narcissisme hautain des vainqueurs, qui transfigurent leur propre histoire, correspond l'autoflagellation des vaincus. [...] Parmi les divers problèmes qui affectent le mouvement communiste, celui de l'autophobie n'est certainement pas le moindre.
Critique du concept de stalinisme
En tant qu'hégélien, Losurdo vise à apporter à la connaissance historique deux éléments sous-représentés dans l'historiographie marxiste : la réflexion rationnelle sur le rôle des grands hommes et la critique rationnelle de la forme originaire du gauchisme moral, de la « belle âme » qui veut imposer « la loi du cœur », et l'intelligence de son retournement autoritaire inévitable. Pour Losurdo, le ferment de l'autoritarisme dans le mouvement communiste est à rechercher du côté libertaire de l'utopie communiste plus que dans la volonté réformiste de construire un État.
Il s'agit, dans l'ouvrage de Losurdo sur Staline, d'une histoire de l'image de Staline et non d'une biographie ni d'une histoire politique du système auquel son nom est couramment associé. Mais remettre en cause les clichés de l'antistalinisme habituel, y compris dans les rangs communistes depuis 1956 nécessite aussi de revenir sur le fond de la question de l'évaluation de l'histoire soviétique de 1922 à 1953, et même au-delà, puisque les catégories de l'antistalinisme ont été généralisées à l'étude d'autres États dirigés par des partis communistes, et d'autres personnalités : Mao en Chine, Fidel Castro à Cuba, ou encore Tito en Yougoslavie.
L'étude de la légende noire se mêle donc pour partie à une réhabilitation de la personnalité et de la figure d'homme d'État de Staline, qui est bien distingué du régime politique. Le point de départ étant la constatation qu'au moment de sa mort en mars 1953, l'image de Staline était plutôt positive dans le monde, propagande de part et d'autre mise à part. C'est la diffusion du rapport Khrouchtchev qui a « précipité le dieu aux enfers ». Ce rapport est une des principales cibles de Losurdo. Selon lui, il s'agit d'un document de la lutte interne à la direction du PCUS dont la crédibilité est pratiquement nulle, et dont la plupart des assertions concernant Staline sont tout simplement inventées.
La recension du livre de Losurdo dans Liberazione, organe du Parti de la Refondation communiste, a donné lieu en 2009 à une lettre de protestation de la part de vingt rédacteurs du journal, qui dénonçaient la tentative de réhabilitation de Staline par Losurdo, son relativisme à l'égard des crimes staliniens et la recension de son ouvrage par le journal.
L'historien italien Antonio Moscato, proche du mouvement Gauche critique, juge très sévèrement les écrits de Losurdo sur le stalinisme, estimant que, en tant qu'historien, Losurdo est calamiteux, et en tant que polémiste, il est encore pire, et lui reprochant d'ignorer tous les témoignages historiques non apologétiques sur Staline ainsi que les très nombreux documents sur le goulag.
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Livres de Losurdo traduits en français

Hegel et les libéraux, PUF, Paris, 1992
Hegel et la catastrophe allemande, Albin Michel, Paris, 1994
Heidegger et l'idéologie de la guerre, PUF, Paris 1998
Autocensure et compromis dans la pensée politique de Kant, Septentrion, 248p., 1998
Fuir l'histoire ? : La révolution russe et la révolution chinoise aujourd'hui [« Fuga dalla storia? La rivoluzione russa e la rivoluzione cinese oggi »] (trad. de l'italien), Paris/Pantin, Éditions Delga, 2007, 285 p.
Nietzsche philosophe réactionnaire: Pour une biographie politique [« Nietzsche. Per una biografia politica »] (trad. de l'italien), Paris, Éditions Delga, 2008, 116 p. 11-4)
Staline : Histoire et critique d'une légende noire [« Stalin, Storia e critica di una leggenda nera »] (trad. de l'italien), Bruxelles/Paris, Éditions Aden, 2011, 531 p.
Contre histoire du libéralisme [« Controstoria del liberalismo »] (trad. de l'italien), Paris, La Découverte, 2013, 390 p.
Le Langage de l'Empire : Lexique de l'idéologie étasunienne [« Il linguaggio dell’Impero. Lessico dell’ideologia americana »] (trad. de l'italien), Paris, Éditions Delga, 2013, 375 p.
La non-violence : Une histoire démystifiée [« La non-violenza. Una storia fuori dal mito »] (trad. de l'italien), Paris, Éditions Delga, 2014, 346 p.
Nietzsche. Le rebelle aristocratique: Biographie intellectuelle et bilan critique [« Nietzsche, il ribelle aristocratico. Biografia intellettuale e bilancio critico »] (trad. de l'italien), Paris, Éditions Delga, 2016, 1088 p.

N.B. Opera sa tradusa in franceza apare atat la edituri importante (PUF, Albin Michel), cat si la edituri specializate in ideologie de stanga: Delga (publica mult Lukacs - 5 volume), Aden (Noam Chomski si ganditori din stanga marxista anticapitalista), La Découverte (mostenitoare a editurii Maspero incepand din anul 1983), cu difuzare asigurata de respectabila editura Les Belles Lettres!. Sloganule editurii: « Des livres pour comprendre, des livres pour agir ! »
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In romana a aparut o singura carte:
Domenico Losurdo, Contra istoria liberalismului, Editura Tact, col. Angelus Novus, Traducere: Alex Cistelecan, 480 pagini, dupa ed. italiana Gius. Laterza & Figli, 2005 (quarta edizione, 2010)

 
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MORMINTELE MEMBRILOR FAMILIEI MANN LA KILCHBERG, LANGA ZURICH