Archives du blog

Affichage des articles dont le libellé est baroc. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est baroc. Afficher tous les articles

mardi 26 mai 2020

LE BAROQUE, la tension, l’exubérance, la grandeur

Le baroque 250

Publié le par mostafa
LE BAROQUE
Le baroque est un mouvement littéraire et artistique à la charnière des XVIe et XVIIe siècles qui trouve son origine en Italie dans des villes telles que Rome, Mantoue, Venise et Florence.
Le baroque, qui touche tous les domaines, se caractérise par l’exagération du mouvement, la surcharge décorative, les effets dramatiques, la tension, l’exubérance, la grandeur parfois pompeuse et le contraste, ce même contraste dont parlait Philippe Beaussant : l’époque baroque a tenté de dire « un monde où tous les contraires seraient harmonieusement possibles ».
Il touche tous les domaines artistiques, sculpture, peinture, littérature, architecture, théâtre et musique et se répand rapidement dans la plupart des pays d’Europe.

Les origines

220px-Il_Gesu.jpg
Façade de l'église du Gesù à Rome, considérée comme la première église de style baroque (1580, Giacomo della Porta)

 
Articles détaillés : baroque ancien, baroque moyen et rococo.
Le terme « baroque » vient du portugais « barroco » qui signifie « perle irrégulière ». Les idées germinales du baroque se retrouvent dans le travail de Michel-Ange. Le style baroque débute aux alentours de 1580.
Les historiens de l’art, souvent protestants, ont traditionnellement accentué le fait que le style baroque évoluait à une époque où l’Église catholique romaine réagissait face à plusieurs mouvements culturels produisant une nouvelle science et de nouvelles formes de religions – la Réforme. On a dit que le baroque monumental était un style que la papauté pouvait instrumentaliser, comme le firent les monarchies absolues, en imposant une voie d’expression à même de restaurer son prestige, au point de commencement symbolique de la Contre-Réforme catholique. Que ce fût ou non le cas, son développement eut du succès à Rome où l’architecture baroque renouvela largement le centre-ville ; peut-être la plus importante rénovation urbanistique.
Le terme « baroque » dans son sens actuel, comme la plupart des périodes ou désignations stylistiques, a été inventé postérieurement par la critique d'art et non par les artistes des XVIe et XVIIe siècles. Ceux-ci ne se pensaient pas baroques, mais classiques. Ils utilisent les formes du Moyen Âge, les ordres classiques, les frontons, toute une modénature classique issue des modèles gréco-romains. Le baroque est né à Rome à la fin du XVIe siècle. En français, le terme est attesté dès 1531 à propos d'une perle, à la fin du XVIIe siècle au sens figuré1. C’est en 1855 que, pour la première fois, le mot est utilisé pour décrire la période et l’art succédant à la Renaissance sous la plume de l’historien d’art suisse Jacob Burckhardt dans Le Cicerone2.
Il faut attendre une génération et 1878 pour que le « style baroque » fasse son entrée dans le Dictionnaire de l’Académie française et que la définition perde un peu de son caractère dépréciatif3. Il est vrai que l’impératrice Eugénie a remis au goût du jour les mignardises et le style Louis XV et qu’est né, ce que nous appelons le néobaroque4 : la réhabilitation peut commencer et Wölfflin écrire son œuvre pour nous éclairer sur ce qu’est ce baroque si complexe, tourmenté, irrégulier et, au fond, plus fascinant que bizarre…
L’historien d’art d’origine suisse Heinrich Wölfflin (1864-1945), dans Renaissance et Baroque5, définit le baroque comme un « mouvement importé en masse », un art antithèse de l’art de la Renaissance. Il ne fait pas de distinctions entre le maniérisme et le baroque, ce que font les auteurs modernes, et il ignore sa phase plus récente, le rococo qui s’épanouit dans la première moitié du XVIIIe siècle. En France et en Grande-Bretagne, son étude n’est prise au sérieux qu’à partir de l’influence prédominante que Wölfflin acquiert au sein de l’école germanique.
Les historiens de l'art actuels utilisent avec réticence le mot baroque, terme polysémique qui a une signification trop floue et ambigüe6.

La diffusion en Europe

C’est grâce à l’implantation de l’Église catholique que l’art baroque se propage en Europe. Il se diffuse au XVIIe siècle dans toute l’Europe, et plus particulièrement en Espagne, Europe centrale et Pays-Bas. En France par exemple Claude Lorrain a peint Port de mer au soleil levant avec un grand travail de la lumière. Et en Espagne, Les Ménines de Vélasquez. On peut retrouver encore aujourd’hui des traces de ce mouvement baroque partout en Europe, par exemple la façade de Saint-Jacques-de-Compostelle.
La popularité et le succès du baroque sont encouragés par l’Église catholique romaine quand elle décide que le côté théâtral du style des artistes du baroque pouvait promouvoir des thèmes religieux avec une implication directe et émotionnelle. C’est un art du catholicisme tel qu'il fut défini en 1545-1563 par le concile de Trente, dont le décret le plus significatif est le Décret sur l’innovation et les reliques des saints, et sur les images saintes. C’est donc une esthétique de la Contre-Réforme, que l'on retrouve particulièrement dans l'art jésuite ; on a d'ailleurs longtemps assimilé l'« art jésuite » et l'« art baroque ». Cette esthétique rencontre de fortes résistances dans les pays acquis à la Réforme, où se développe un art protestant. L’Angleterre reste très réfractaire, la France également.
L’aristocratie laïque considérait également l’effet spectaculaire des arts et de l’architecture baroque comme une façon d’impressionner leurs visiteurs et leurs éventuels rivaux. Les palais baroques sont constitués d’une succession de cours à l’entrée, d’antichambres, de grands escaliers et de salles de réception, dans un ordre de splendeur croissante. De nombreuses formes d’art – musique, architecture et littérature – s’inspirent les unes des autres au sein de ce mouvement culturel.
Le charme du style baroque se transforme consciemment, passant de la finesse, des qualités intellectuelles de l’art maniériste du XVIe siècle au charme viscéral visant les sens. Il emploie une iconographie directe, simple, évidente et dramatique. L’art baroque s’inspire dans une certaine mesure des tendances héroïques d’Annibale Carracci et de son cercle, et trouve l’inspiration à travers d’autres artistes comme Le Corrège et Le Caravage et Federico Barocci, qualifiés parfois de nos jours de « proto-baroques ».
On oppose souvent l’art des Carraccis (les frères et cousins) à l’art du Caravage par les termes de classique et baroque, ce sont deux influences opposées au niveau plastique (ce qui fut défini par Wölfflin) qui vont avoir beaucoup d’influences sur leurs successeurs.
220px-Prometheus_Adam_Louvre_MR1745.jpg
Prométhée, de Nicolas-Sébastien Adam, 1737 (Musée du Louvre): un fiévreux tour de force rempli de tensions contrastées, de multiples angles et points de vue, et d’intense émotion.
 

 
Le baroque tardif ou rococo succède au baroque classique, au XVIIIe siècle. Il apparaît dès la fin du XVIIe en Allemagne, en Autriche et en Bohême. Le goût de la beauté sensuelle apporte une composition plus libre au caractère systématique du baroque du XVIIe siècle. L'ornementation se multiplie, devient riche et fantaisiste. Les fresques en trompe-l'œil, les escaliers, les nymphées et les sculptures allégoriques vont jusqu'à la surcharge des églises, des châteaux et des fontaines. Vienne, Londres, Dresde, Turin, l'Allemagne du Sud et la Bohême en adoptent toutes les audaces. Le plaisir des yeux est impératif autour du capriccio exubérant du baroque tardif, comme la fontaine de Trevi à Rome (1732-1762) par Salvi et l'escalier de Caserte près de Naples (1751-1758) par Vanvitelli.
Les espaces architecturaux s'ouvrent à Paris (place de la Concorde), à Bordeaux (place de la Bourse), à Nancy (place Stanislas). En Autriche, Fischer von Erlach et Lucas von Hildebrandt rivalisent d'architecture fantastique. En Bavière, les abbayes rurales se couvrent d'angelots. Les frères Asam sont célèbres à Munich. Le rococo d'Autriche, de Bohême, de Moravie et d'Allemagne du Sud orne les églises de pèlerinage, comme à Wies où les murs croulent sous les effets de dorures sur fond blanc.
Les colonies américaines de l'Espagne et du Portugal influencent le style plateresque ibérique. En France, les disciples de Mansart se tournent vers les hôtels particuliers et leur décor intérieur, visibles dans le faubourg Saint-Germain et dans le Marais ou encore sur les boiseries extraordinaires de Rambouillet.

Les arts baroques

Les arts littéraires

La littérature baroque utilise de nombreuses métaphores et allégories dans ses œuvres. Le thème le plus abordé est le thème religieux, car l’Église catholique était centre à cette époque, mais les artistes baroques aiment aussi parler de la mort et utilisent fréquemment l’illusion dans leurs œuvres.
Le théâtre est le lieu de l’illusion par excellence. Le théâtre baroque accentue cette illusion par de fréquents changements d’intrigues comme dans l’Illusion comique de Corneille. Il y a donc de nombreux changements d’intrigues au cours de la pièce. Le théâtre baroque est plutôt fondé sur les émotions que sur l’intellect.
Dans les romans baroques, les intrigues sont complexes et multiples. On distingue de nombreux types de romans baroques, parmi eux le roman pastoral, qui présente un monde idéalisé et le roman picaresque, à mi-chemin entre idéal et réalité.
La poésie baroque (1570-1630) fut d’abord épique pendant les guerres de religion puis pendant la paix devient lyrique. Il y a dans cette poésie de nombreux affrontements entre l’Église catholique et l’Église réformée.

Littérature et philosophie

Article détaillé : Littérature baroque.
Le baroque exalte de nouvelles valeurs que l’on résume souvent à l’utilisation de métaphores et d’allégories, que l’on retrouve largement en littérature baroque, et en recherche de « maraviglia » (merveilleux, étonnement, comme dans le maniérisme), et l’utilisation d’artifices. Si le maniérisme ouvrit une première brèche à la Renaissance, le baroque en fut la réponse opposée. On retrouva l’affliction psychologique de l’Homme – un thème abandonné après les révolutions de Copernic et de Luther dans la recherche d’un soutien solide, une preuve de l’ultime puissance humaine – à la fois dans l’art et l’architecture de la période baroque. Une part révélatrice des œuvres fut réalisée sur des thèmes religieux, puisque l’Église catholique romaine était alors le principal « client ».
Les artistes recherchaient la virtuosité (et le virtuoso devint une forme commune d’art) avec le réalisme, soucieux du détail (certains parlent d’une « complexité » typique).
Le privilège donné aux formes extérieures devait composer et équilibrer le manque de contenu observé dans de nombreuses œuvres baroques : Maraviglia de Marino, par exemple, fut pratiquement réalisé à partir d’une forme primitive. Elles devaient susciter au spectateur, au lecteur, à l’auditeur, fantaisie et imagination. Toutes étaient focalisées sur l’homme en tant qu’individu, comme une relation directe avec l’artiste, ou directement entre l’art et ses utilisateurs, ses clients. L’art est alors moins distant de son utilisateur, s’approche de lui de manière plus directe, résolvant le fossé culturel qui tenait à l’écart l’art et l’usager l’un de l’autre, par Maraviglia. Mais l’attention croissante de l’individu, créa également avec ces principes quelques genres importants comme le Romanzo (roman) et met de côté d’autres formes populaires ou locales, en particulier la littérature dialectale, ce qu’il faut souligner. En Italie ce mouvement face au simple individu (que certains désignent comme un « descendant culturel », tandis que d’autres l’indiquent comme une cause possible de l’opposition classique au baroque) fut la cause du remplacement irrémédiable du latin par l’italien.
Dans la littérature anglaise, les poètes métaphysiques représentent un mouvement très apparenté ; leur poésie employait de la même façon d’inhabituelles métaphores, qu’ils examinaient souvent avec précision. Leurs vers manifestent un goût pour le paradoxe, et pour d’inhabituelles et délibérément inventives tournures de phrase.

Théâtre

Dans le domaine du théâtre, l’élaboration de vanités, de multiples changements d’intrigue, et une variété de circonstances caractéristiques du maniérisme (les tragédies de Shakespeare par exemple) sont supplantés par l’opéra qui regroupe tous les arts en un tout unifié.
Plusieurs auteurs écrivent des pièces de théâtre durant la période baroque tels que Corneille (ComédiesL'Illusion comique) et Molière (Dom Juan ou le Festin de pierre) en France ; Shakespeare (Roméo et Juliette) en Angleterre ; Tirso de Molina (Marthe la dévote, comédie ; L'abuseur de Séville, drame historique) et Lope de Vega (l’Étoile de SévilleAimer sans savoir qui, comédies) ou Calderón (La vie est un songe) en Espagne.
Le théâtre baroque peut se définir, dans un premier temps, comme le négatif du théâtre classique. À l’analyse intellectuelle, le baroque préfère l’émotion, la perception ; face à la recherche de la vraisemblance, le baroque promeut l’illusion ; à l’unité de ton, le baroque privilégie l’inconstance et le paradoxe ; à la simplicité, le baroque oppose la complexité.
En règle générale, la littérature baroque est marquée par une forte implication de la mort et du jeu de l’illusion. Comme dans les vanités en peinture, la mort est utilisée comme métaphore du temps qui passe, de l’irrémédiable, et de l’éphémère. Contrairement au romantisme, la mort ne représente pas une souffrance morale, mais plutôt une évidence métaphysique.
L’illusion est aussi caractéristique du baroque qui se présente, étymologiquement, comme une pierre précieuse à multiples facettes. Ainsi, nombreuses œuvres sont porteuses de diverses mises en abyme : dans l’Illusion comique de Corneille, le public assiste au spectacle d’un père qui regarde son fils évoluer dans un milieu qui s’avère être de la comédie. De ce fait, l’auteur donne plus de force à son plaidoyer en faveur du théâtre et entraîne malgré lui le public à adhérer à son point de vue. Les personnages, tout comme le spectateur, sont, à un moment ou à un autre, victimes de l’illusion. Pridamant croit son fils mort au vers 977, Matamore croit en ses propres mensonges. L’Illusion comique ne fait pas que parler du théâtre : par ses personnages, cette pièce convoque aussi d’autres genres littéraires répandus au XVIIe siècle. Clindor est un héros picaresque, c’est-à-dire audacieux et opportuniste, vagabond et aventurier, tandis qu’Alcandre semble être un avatar des mages présent dans les pastorales. De même, le personnage de Matamore correspond au type du soldat fanfaron présent dans les comédies latines.
L’illusion permet aussi de dire la vérité : on le voit dans la pièce Hamlet, de Shakespeare. Le jeune Hamlet sait que le roi actuel, son oncle, a tué son propre frère, autrement dit le père du jeune héros. Il fait représenter sous les yeux du roi une scène de meurtre semblable en tous points à celle que nous n’avons pas vue, mais que nous connaissons par le discours du fantôme du roi Hamlet assassiné par son frère. Le roi, devant cette représentation, quitte la scène. Dans cette pièce, illusion et vérité se rejoignent étrangement et provoquent ainsi un vertige chez le spectateur. Dom Juan de Molière met aussi en scène un caractère baroque : l’inconstance. Pour le Héros séducteur, « tout le plaisir de l’amour est dans le changement », cette thèse s’applique dans tous les domaines et rejoint ainsi le mouvement baroque.
L’esthétique baroque repose sur le mouvement, l’inconstance, la contradiction, l’antithèse. Les personnages passent d’une palette de sentiments à une autre. On est dans l’excès, le paroxysme. Le discours donne à voir plus qu’à entendre ; il s’agit de montrer, de convoquer les images par le procédé rhétorique de l’hypotypose. Alors que l’esthétique classique recherche l’unité, le baroque se complaît dans la pluralité, d’où son goût pour l’accumulation. Le baroque donne les deux versants d’une médaille : la vérité est indissociable du mensonge, comme le réel l’est du rêve, comme la vie l’est de la mort.
Au théâtre, le baroque est également traduit grâce à une certaine mise en scène (lumières, jeux, costumes, décors...) qui met en évidence les caractères du mouvement.

La peinture baroque

220px-Aeneas%27_Flight_from_Troy_by_Fede
Énée fuyant Troie Federico Barocci, 1598 : une scène d’inspiration classique, figée en pleine action dramatique, où le plan de l’image éclate dans un balayage de perspectives diagonales.
 

 
Article détaillé : Peinture baroque.
La peinture baroque est née au XVIIe siècle en Italie. On peut y voir que les corps des personnages sont très détaillés comme dans L'Archange Michel écrasant les anges rebelles. La perspective joue un rôle important, il y a un grand nombre d’effets de lumières et de jeux d’ombre. Les tableaux sont formés de courbes ; on a du mal à repérer l’organisation du tableau du premier coup d’œil.
Les principales caractéristiques de cette peinture sont :
- l’utilisation de couleurs chaudes et vives
- les contrastes de lumière
- l’impression de mouvement donnée par les gestes des personnages et les drapés
- des lignes de force en diagonale
- des personnages communiquant par le regard
- des personnages très expressifs.

L'architecture et la sculpture

250px-Annonciation_%28Ange%29_de_Frances
L'Ange de L'Annonciation (1603-1608) de Francesco Mochi.
 

 
En sculpture baroque, les ensembles de figures prirent une importance nouvelle, il y eut un mouvement dynamique et une énergie portée par les formes humaines – elles s’enroulent en volutes autour d’un tourbillon central, ou atteignent vers l’extérieur les espaces alentour. À ce titre L'Annonciation (1603-1608) de Francesco Mochi, pour la cathédrale d'Orvieto, représente l'un des tout premiers exemples du genre7. De façon novatrice, la sculpture baroque eut plusieurs angles de vue idéaux. Une caractéristique de la sculpture baroque fut d’ajouter des éléments sculptés supplémentaires, par exemple, des éclairages dissimulés ou des fontaines.
Une autre caractéristique de la sculpture baroque serait les piliers en forme de personnages mythologiques. Prenons l’exemple du palais du Belvédère supérieur à Vienne, bâti entre 1721 et 1722. Dans la salle du rez-de-chaussée, la voûte en pavillon est soutenue par des puissants télamons (sorte de titans ayant pris les traits des Turcs), sculptés dans le marbre. Les Turcs ayant été vaincus, il n’était pas rare de trouver ce genre de télamons sculptés dans les résidences baroques d’Autriche.
L’architecture, les sculptures et les fontaines du Bernin (1598-1680) donnèrent les caractéristiques hautement chargées du style baroque. Le Bernin était sans aucun doute le plus important sculpteur de la période baroque. Il s’approcha de Michel-Ange, du point de vue de ses compétences multiples : le Bernin sculptait, travaillait comme architecte, peignait, écrivait des pièces et mettait en scène des spectacles. À la fin du XVIIe siècle, le Bernin était très reconnu pour sa sculpture, à la fois pour sa virtuosité à tailler le marbre et sa capacité à créer des formes alliant physique et esprit. C’était aussi un bon sculpteur de bustes très demandé des puissants.
220px-Stift_melk_001_2004.jpgMelk, Wachau.
   
220px-Wilanow_palace.jpg
Le palais de Wilanów en Pologne.

220px-Residenzschloss_Ludwigsburg.jpgLe palais de Ludwigsburg près de Stuttgart en Allemagne, le plus grand palais baroque.
 

 
Article détaillé : Architecture baroque.
Dans l’architecture baroque, l’accent est mis à la fois sur l’aspect massif et chargé, colonnades, dômes, clair-obscur, effets colorés de peinture, et le jeu chargé des volumes opposés au vide, liberté des formes et profusion des ornements. Dans les intérieurs, le mouvement baroque se manifeste autour et à travers un savant escalier monumental sans précédent en architecture.
Nous retrouvons cet escalier monumental dans le palais Zwinger à Dresde. Ce palais a été édifié à l’initiative d’Auguste le Fort comme lieu de fêtes entre 1709 et 1732 par les architectes Pöppelmann et Permoser. On remarque aussi sur cet édifice baroque des jeux d’ombre et de lumières qui sont le fait des pleins et des vides. Il y a un équilibre parfait entre sculpture et architecture sur l’entrée magistrale, qui est typique dans l’architecture baroque.
L’autre invention du baroque que l’on retrouve dans les intérieurs du monde entier est l’appartement public, une succession processionnelle d’intérieurs de richesse croissante culminant avec l’emplacement de la chambre à coucher, de la salle du trône, ou d’une chambre publique. L’enchaînement de l’escalier monumental suivi de l’appartement public fut copié à moindre échelle partout dans les résidences aristocratiques de toutes prétentions.
L’architecture baroque fut reprise avec enthousiasme dans la partie centrale de l’Allemagne (cf par exemple le Palais de Ludwigsburg et le Palais Zwinger à Dresde), en Autriche et en Pologne (cf par exemple Wilanów et le palais de Bialystok). En Angleterre, le point culminant de l’architecture baroque fut incarné par l’œuvre de Sir Christopher Wren, Sir John Vanbrugh et Nicholas Hawksmoor, de ~1660 vers ~1725. On retrouve de nombreux exemples d’architecture baroque et de plan de ville dans les autres villes d’Europe, ainsi qu’en Amérique hispanique. Les plans de ville de cette époque comprennent des avenues rayonnantes, avec des squares à leurs intersections, s’inspirant des plans des jardins baroques.

La musique baroque

220px-GarnierOperaParis.jpg
Néo-baroque : le foyer de l’Opéra (de Charles Garnier), Paris, plan datant du Second Empire, 1861, ouvert finalement en 1875.
 
 
  Musique baroque.
On appelle musique baroque, l'école musicale du XVIIe siècle, d'un point de vue purement chronologique. Or, Jean-Jacques Rousseau définit la musique baroque comme celle « dont l'harmonie est confuse, chargée de modulations et de dissonances ». Il s'agit du style de musique composé au cours de la période chevauchant celle de l'art baroque, et également celui d'une période légèrement plus tardive.
L'époque baroque se découpe en trois périodes différentes : le premier baroque de 1580 à 1630, puis le baroque médian jusqu'à la fin du XVIIe siècle, et enfin le dernier baroque jusqu'à la mort de Bach (1750). À la mort de Bach naîtra le style rococo.
Les figures culminantes de la musique baroque à son apogée, c'est-à-dire lors du dernier baroque, sont Corelli (1653-1713) et Vivaldi (1678-1741) en Italie, Haendel (1685-1759) en Angleterre, Bach (1685-1750) en Allemagne. Pour la France, on retiendra Jean-Baptiste Lully (1632-1687) ou encore Jean-Philippe Rameau (1683-1764).
L’étendue des points communs de la musique baroque avec les principes esthétiques des arts graphiques et littéraires de la période baroque est encore une question débattue. La manière baroque est née progressivement par opposition à l’écriture musicale de la Renaissance.
La musique baroque se caractérise par l’importance du contrepoint.
Trois pratiques sont proposées par le baroque : la musique d’église, la musique de chambre et la musique de théâtre.
On note la naissance du genre oratorio à Rome avec La Rappresentazione di Anima e di Corpo d’Emilio de Cavalierien en février 1600.
À Venise entre 1550 et 1610, plus précisément dans la basilique Saint Marc, se développe un style polychoral (cori spezzati) avec Gabrieli et Merulo qui donne à l’Europe une des musiques les plus grandioses et les plus sonores qui aient été composées jusqu’alors, impliquant plusieurs chœurs de chanteurs, des cuivres et des cordes répartis dans des emplacements différents de la basilique.
La musique baroque naît de l’apparition du groupe florentin Camerata Bardi, créateur de la monodie. L’Orfeo de Monteverdi créé en 1607 à Mantoue marque traditionnellement la naissance de l’opéra.

 


Le Concile de Trente (1545-1563), au cours duquel l’Église catholique romaine doit répondre à des questions de réforme interne soulevées tant par les protestants que par ses propres membres, encourage la création artistique comme support de dévotion mais également comme outil d'enseignement1. Les œuvres doivent illustrer la doctrine sans la trahir2. De plus, l'utilité des représentations imagées pour une masse peu instruite est reconnue2.
C’est pourquoi l’art baroque s’est concentré sur les saints, la Vierge Marie et sur des épisodes bien connus de la Bible. Cette conception populiste du rôle de l'art sacré est vue par beaucoup d’historiens d’art comme l’un des éléments ayant conduit aux innovations de Caravage et des frères Carracci qui officiaient (et se faisaient concurrence pour obtenir des commissions) à Rome vers 1600.
Cependant, bien que la peinture religieuse, la peinture d'histoire, les allégories et les portraits étaient encore considérés comme les sujets les plus nobles, le paysage et les scènes de genre étaient également très répandus.
Par opposition à la peinture de la Renaissance qui montre habituellement le moment précédant un événement important, les artistes baroques choisissent le point le plus dramatique, le moment où l'action se produit. L’art baroque est réputé pour évoquer l’émotion et la passion et non la rationalité et le calme qui se dégage de la peinture de la Renaissance.

Caractéristiques

220px-Rubens-Col%C3%A8re-du-Christ-Lyon.
Saint Dominique et saint François préservant le monde de la colère du Christ de Pierre-Paul Rubens, vers 1618-1620, musée des beaux-arts de Lyon.
 
 
Au niveau de la composition picturale, la peinture baroque se caractérise tout d'abord par l'utilisation de nombreuses couleurs chaudes et vives qui vont du rose au blanc en passant par le bleu. D'autre part, les contrastes sont très présents, avec des jeux de lumière et d'ombre qui peuvent notamment être utilisés pour mettre en avant la masse musculaire de l’homme. En opposition avec l'approche typique de la Renaissance, qui a un éclairage de la toile uniforme, l’éclairage de la toile baroque se fait par taches. Cette technique attire l'attention sur certaines zones et en laisse d’autres dans la pénombre (utilisation du clair-obscur).
Toujours dans un esprit de contradiction avec la Renaissance, la toile baroque donne des expressions faciales aux personnages présents sur la toile pour faire passer des sentiments. Elle représente aussi principalement une asymétrie (l’action principale n’est pas nécessairement au centre). Les lignes de force de la toile ne sont plus uniquement horizontales ou verticales mais également obliques ou courbes, ce qui a pour effet de donner une position instable aux personnages et une impression de mouvement. Cet effet de mouvement est exprimé par une profusion de vêtements soulevés ou agités par le vent ; le choix des costumes fait souvent référence à l’antiquité. Des étoffes sont également disposées comme des rideaux pour faire une théâtralisation de la scène.
Le baroque s’oppose donc de diverses façons à la Renaissance : c’est une période de rupture qui veut représenter le changement. Les œuvres baroques se différencient par leur intérêt pour le changement, le mouvement, l’instabilité des choses.
« La lumière, traversant la lentille et impressionnant l’émulsion sur la pellicule, ne parvient à reproduire qu’un aspect du mouvement. Mais le mouvement est une suite ininterrompue d’attitudes : le cinéma au ralenti l’a révélé. L’esprit de l’artiste baroque saisit ces aspects successifs et les condense en une seule image  »
— P. Charprentrat, L’art baroque, Vendôme, Imprimerie des presses universitaires de France,1967.
Les peintres baroques abordent généralement des thèmes artistiques tirés des légendes et contes bibliques ou mythologiques.



Peintres baroques notables

  • Néerlandais : Rembrandt, Frans Hals, Ruisdael, Johannes Vermeer, Jan Steen
  • Espagnols : Francisco Ribalta (1565-1628) José de Ribera (1591-1652), Francisco de Zurbarán (1598-1664), Diego Velázquez (1599-1660), Alonso Cano (1601-1667), Bartolomé Esteban Murillo (1617-1682), Juan de Valdés Leal (1622-1690)
  • Flamands : Peter Paul RubensAntoine Van Dyck, Jacob Jordaens, Jan Brueghel l'Ancien, Frans Snyders, David Teniers le Jeune
  • Français : Trophime Bigot (1579-1650), Jean de Beaugrand (1584-1640), Abraham Bosse (1604-1676), Hyacinthe Rigaud (1659-1743)
  • Italiens : Michel Ange (1475-1564, précurseur du baroque), Gian Lorenzo Bernini (1598-1680, dit Le Bernin, surnommé « le second Michel Ange »), Caravage (1571-1610), Guercino, Annibale Carracci (1560-1609), Orazio Gentileschi (1563-1639), Artemisia Gentileschi (1592-1652/53), Agostino Carracci, Lodovico Carracci
  • Lorrains : Claude Lorrain (1600-1682), Georges de La Tour (1590-1652)
  • Portugais : Josefa de Óbidos (1630-1684)

Le Caravage, baroque et révolté

Le Caravage, baroque et révolté

Michelangelo Merisi, surnommé Le Caravage, n’a pas encore 20 ans lorsqu’il décide de fuir sa Lombardie natale pour s’installer à Rome. Formé à l’école milanaise, ce jeune artiste a déjà un certain penchant pour la provocation, et va prendre le contrepied de cette nouvelle dynamique si chère à l’église catholique vouée à éveiller l’imagination et la fantaisie.
Le Caravage, baroque et révolté
Nous sommes à la fin du XVIe siècle, époque des prémices de l’art baroque. Peu réceptif à ce style quelque peu ampoulé, le Caravage préfère miser sur l’intransigeance et le naturalisme. Deux caractéristiques qui vont transpirer dans ses œuvres et toucher en plein cœur la société bourgeoise et protestante de l’époque.
Et le clair-obscur fut
Plus de 400 ans ont passé depuis sa mort et pourtant, le Caravage reste un maître contemporain. Les toiles de ce génie romantique et dissipé ont cette particularité d’être frappées par l’évidence. Sous son pinceau, les personnages surgissent systématiquement d’une pénombre oppressante vers la lumière. Une lumière à la fois directe et divine qui gênait profondément l’Église, criant à la profanation lors de la « sortie » de Mort de la Vierge (1606), un tableau sublime, peut-être le plus beau du XVIIe siècle, aujourd’hui exposé au Louvre et sur lequel le peintre italien eut l’audace de dépeindre le corps de la Madone en femme agonisante, les pieds nus et le corsage entrouvert. Cette représentation, clairement irrévérencieuse au regard des canons religieux de l’époque, était pourtant totalement assumée par l’artiste qui, de toute manière, ne supportait pas les images maniérées de la Renaissance…
Caravage, La mort de la Vierge Marie, 1606, image via Wikipedia
Caravage, La mort de la Vierge Marie, 1606, image via Wikipedia
Malgré une vie courte (il décède à l’âge de 37 ans) et scandaleuse à bien des égards (quand il ne peignait pas, il enchaînait rixes et séjours en prison ; il fut même accusé d’assassinat sur un compagnon de jeu), le Caravage a transmis un héritage immense à la culture artistique européenne.
De cette personnalité extravagante et précoce, on recense aujourd’hui 70 toiles de par le monde, parmi lesquelles ses premières œuvres de jeunesse, essentiellement des natures mortes, tel Le panier de fruits, un tableau à travers lequel le peintre déclare déjà sa flamme au réalisme. Mais plus que ses portraits ou ses scènes de genre, qu’il réalise pour des mécènes, c’est à travers des sujets religieux et bibliques que le génie bâtit sa célébrité et sa réputation, puisque bon nombre de ses peintures sont refusées, jugées trop réalistes et donc blasphématoires par les commanditaires.
Le Caravage, Le panier de fruits, 1595-96, image via Wikipedia
Le Caravage, Le panier de fruits, 1595-96, image via Wikipedia
Seul sur une plage
À l’âge de 27 ans, on lui confie sa première commande prestigieuse pour l’église Saint-Louis-des-Français de Rome : trois grands tableaux racontant l’histoire de Saint-Matthieu, qu’il réalise de manière magistrale, notamment avec La vocation de Saint-Matthieu. Par ses effets de lumière qui éclairent seulement les visages, par ce dialogue muet des regards entre Le Christ et Matthieu, tout confère au chef-d’œuvre. Il en signera bien d’autres, comme la Mise au tombeau, qu’il peint pour Santa Maria in Vallicella, et qui est aujourd'hui exposé au musée du Vatican.
La Caravage, Vocation de Saint-Matthieu, 1599-1600, image via Wikipedia
La Caravage, Vocation de Saint-Matthieu, 1599-1600, image via Wikipedia
Contraint de fuir Rome en raison d’une condamnation à mort par décapitation, il passe les dernières années de sa vie à vagabonder, de Naples à l’île de Malte, en passant par Messine et Palerme, en Sicile. Autant de lieux où le Caravage ne cesse de peindre. Il explore une approche plus méditative et ténébreuse, offrant ses tableaux aux Églises, parvenant parfois à les vendre à des particuliers à prix élevés afin de s’acquitter de ses dettes. Alors qu’il tente de retourner vers la ville éternelle, il embarque sur un navire et se mêle à une bagarre lors d’une escale à Porto Ercole. La légende raconte qu’il fut blessé et jeté en prison pour quelques jours. Remis en liberté, il meurt seul et malade, sur une plage déserte de Toscane.
Le Caravage, La mise au tombeau du Christ, vers 1602-04, image via Wikipedia
Le Caravage, La mise au tombeau du Christ, vers 1602-04, image via Wikipedia
Le maître de la provocation
De son vivant, sa peinture est admirée, adulée même. À tel point que dès la première moitié du XVIIe siècle, de nombreux artistes italiens (Orazio et Artemisia Gentileschi), hollandais (Dirck van Barburen) ou encore français (Georges de la Tour), s’en inspirent. Son art trouve grâce auprès des nombreux peintres de passage à Rome, comme Rembrandt, Ribera ou Velasquez.
Le Caravage, Le Martyre de Sainte Ursule, 1610, image via Wikipedia
Le Caravage, Le Martyre de Sainte Ursule, 1610, image via Wikipedia
Peignant à la manière de leur idole, ces successeurs ont d’ailleurs créé un genre artistique à part entière, que l’on appelle le Caravagisme. Finis les dieux, la nudité conventionnelle, les héros de l’Antiquité, il s’agit de représenter la réalité telle qu'elle est. L'usure des vêtements, le poids du temps sur les visages, la saleté d'une taverne : le Caravagisme peut se lire aujourd’hui comme une provocation, mais aussi comme un retour à une représentation plus naturelle de la vie.
Le Caravage, Judith et Holopherne, 1598-99, image via Wikipedia
Le Caravage, Judith et Holopherne, 1598-99, image via Wikipedia
Au XXIe siècle, c’est plutôt dans l’univers de la photographie et du cinéma que l’on trouve des artistes reconnaissant l’influence de Caravage dans leurs travaux. Il suffit de revoir Main Streets de Martin Scorsese, Le Parrain de Francis Ford Coppola ou le plus récent Intersellar de Christopher Nolan pour retrouver des hommages aux techniques de celui qui reste le maître incontesté du clair-obscur.

Le baroque

Le baroque

Le baroque est un style qui naît en Italie à Rome, Mantoue, Venise et Florence à la charnière des XVIe et XVIIe siècles et se répand rapidement dans la plupart des pays d’Europe. Il touche tous les domaines artistiques, sculpture, peinture, littérature, architecture et musique et se caractérise par l’exagération du mouvement, la surcharge décorative, les effets dramatiques, la tension, l’exubérance et de la grandeur parfois pompeuse.

Il poursuit le mouvement artistique de la Renaissance artistique, le néoclassicisme lui succède à partir de la deuxième moitié du XVIIIe siècle.

Naissance du concept de baroque

Le terme « baroque », comme la plupart des périodes ou désignations stylistiques, est inventé postérieurement par la critique d'art et non par les praticiens des XVIIe et XVIIIe siècles. Ceux-ci ne se pensaient pas baroques mais classiques. Ils utilisent les formes du Moyen Âge, les ordres classiques, les frontons, toute une modénature classique issue des modèles gréco-romains. Il est né a Rome à la fin du XVIe s.


Le mot baroque est donc, selon cette définition, un terme technique de joaillerie, d'origine portugaise qui désigne l'irrégularité d'une perle. Ce terme est issu de la critique d'art. Il peut s'appliquer à une esthétique et à une vision du monde qui se répandent à partir de l'Italie dans toute l'Europe à la fin du XVIe siècle.

Le mot est issu du portugais barroco. Contrairement à ce que la vulgate, toujours reprise en ce domaine, tente de faire croire, le terme ne désigne pas d'abord la fameuse perle irrégulière mais une réalité géologique. En effet, un barroco en portugais désigne un gros rocher de granit à la rondeur irrégulière, le mot est dans ce cas utilisé comme substantif. Ce n'est qu'ensuite qu'il désigne la perle irrégulière, mais alors il est utilisé comme adjectif. Dans les deux cas, nous avons affaire à une réalité irrégulière, d'ordre minéral, dans le gigantisme d'une part, et d'autre part dans la préciosité.

Ce mot peut être considéré, selon le cas, comme positif ou négatif. Si, en Angleterre ou en Espagne, le terme a simplement défini une période historique, en France, son sens a pris celui de l'irrégularité, de l'insolite. En effet, le terme désignait d'abord une œuvre mal bâtie, bizarre, avant d'être utilisé pour désigner de façon élogieuse l'originalité des écrivains du début du XVIIe siècle.

Il pourrait également provenir d'une appellation latine d'un syllogisme : baroco, syllogisme qui est en fait un erroné.

En 1694 (en pleine période baroque donc), le mot, pour l’Académie française « se dit seulement des perles qui sont d’une rondeur fort imparfaite. Un collier de perles baroques »1. Près d’un siècle plus tard, en 1762, alors que le baroque s’achève, outre sa première signification, et toujours selon la même Académie, « il se dit aussi au figuré, pour irrégulier, bizarre, inégal. »2. Au XIXe siècle, pour la sixième édition de son dictionnaire, l’Académie inverse l’ordre des définitions : les perles passent au second rang et le sens figuré au premier. C’est en 1855 que, pour la première fois, le mot est utilisé pour décrire la période et l’art succédant à la Renaissance sous la plume de l’historien d’art suisse Jacob Burckhardt dans Le Cicerone3. Ça n’est pas un hasard si c’est dans le monde allemand que naît cette acception du mot, les Français et les Anglais disposent de leurs rois pour décrire l’évolution des styles (voir style Louis XIV, etc.) alors qu’à l’époque l’Allemagne est divisée en une myriade de micro-États, le Kleinstaaterei.

Il faut attendre une génération et 1878 pour que le « style baroque » fasse son entrée dans le Dictionnaire de L’Académie française et que la définition perde un peu de son caractère dépréciatif4. Il est vrai que l’impératrice Eugénie a remis au goût du jour les mignardises et le style Louis XV et qu’est né, ce que nous appelons le néobaroque5 : la réhabilitation peut commencer et Wölfflin écrire son œuvre pour nous éclairer sur ce qu’est ce baroque si complexe, tourmenté, irrégulier et, au fond, plus fascinant que bizarre…

L’historien d’art d’origine suisse Heinrich Wölfflin (1864–1945) dans son livre Renaissance et Baroque 6 définit le baroque comme un « mouvement importé en masse », un art antithèse de l’art de la Renaissance. Il ne fait pas de distinctions entre le maniérisme et le baroque, ce que font les auteurs modernes, et il ignore sa phase plus récente, le rococo qui s’épanouit dans la première moitié du XVIIIe siècle. En France et en Angleterre, son étude n’est prise au sérieux qu’à partir de l’influence prédominante que Wölfflin acquiert au sein de l’école germanique.

Littérature baroque

La littérature baroque appartient à un grand mouvement européen, non seulement littéraire mais plus généralement artistique, le baroque.

La littérature baroque s'inscrit dans un véritable courant artistique baroque tout entier, il y a la peinture baroque, la sculpture baroque, la décoration baroque... Le baroque se caractèrise par un luxe de détails, de richesse... Le baroque laisse souvent libre cours à une sensibilité fantasque et tourmentée, hantée par le pessimisme chrétien (par exemple Jean de Sponde). Les couleurs baroques sont vives, les actions sont violentes. Les plus fameux écrivains baroques sont William Sheakespeare en Angleterre et Pierre Corneille en France. En Espagne, il est représenté notamment par le gongorisme. Le théatre baroque a pour caractéristiques :

1. Sa violence. Bien que la violence d'une uvre soit une appréciation personnelle, le baroque, comparé avec l'autre mouvement littéraire de se siècle, le classicisme, peut être considéré comme violent. On y voit des meurtres, des suicides, des duels sur scène.

2. Son attrait pour l'illusion. Le monde baroque est constamment remis en question. La vérité est continuellement cachée. Le personnage se trompe sur les autres, mais aussi sur lui-même.
Mais le baroque, c'est aussi la poésie... s'inspirant de Pétrarque, les poètes baroques ne sont plus Pétrarquistes, comme les humanistes, mais néo-pétrarquistes. La poésie baroque se caractérise
par :

1. Les thèmes pessimistes. Le monde néo-pétrarquiste est souvent noir.

2. L'analyse de la passion. Les sentiments sont explorés, expliqués, décrits, analysés...

3. L'intervention du mythe. Méduse, Prométhée, Médée reviennent souvent dans les uvres baroques...

En France, la littérature baroque peut se situer environ entre la mort de Pierre de Ronsard en 1580 et le début du règne de Louis XIV (avec l’avènement du classicisme).
On distingue d’un côté les écrivains protestants comme Théodore Agrippa d'Aubigné et les écrivains catholiques comme Pierre Corneille, ou encore ceux qui se reconvertirent tels Jean de Sponde ou Théophile de Viau.

Mais si le style baroque fut réputé de son temps, on ne le redécouvrit que vers la fin de la Seconde Guerre mondiale pour l’art, et dans les années 1930 pour la littérature, avec le livre Eugenio d'Ors, Du baroque, puis dans son sillage les travaux de nombreux historiens de la littérature1 dans les années 19502.

Émergeant en période de crise, le baroque s’oppose au classicisme. On parle d’élan « dionysiaque » opposé au mouvement « apollinien ».

Le baroque littéraire

Ce courant littéraire offre quelques lieux communs représentatifs : mêler les contraires (le vrai et l'illusion, le grotesque et le sublime) ; développer l’imaginaire ; exprimer des sentiments et des sensations; mais aussi l'abondance des détails et des couleurs, des formes et des parfums. La mort est souvent un thème récurrent dans les oeuvres baroques. L’esthétique baroque est le foisonnement de l’écriture de la surcharge, dominée par des personnages mystérieux « portant un masque » (ex : Dom Juan avec une duplicité acharnée.)

On a donc une récurrence de thèmes comme l’inconstance, l’illusion (pièce de théâtre l'Illusion comique de Corneille), les figures minérales, la métamorphose (avec les tableaux d’Arcimboldo), le rêve, le songe (la Vie est un songe de Calderòn de La Barca), le sommeil, le corps humain, la vanité des choses (« Vanité des vanités, tout n’est que vanité »).

En poésie, on assiste au développement du sonnet et des odes pindariques ou anacréontiques, avec des poètes extrêmement originaux qui s’illustrent grâce à leur esprit libertin comme, par exemple, Tristan L'Hermite ou Théophile de Viau, considérés comme des libres penseurs refusant les dogmes et les principes.

Suite


Une façon de voir la vie

Le baroque est une façon de voir la vie, donc de la représenter. Dans une époque où l'individu est sollicité tout à la fois par l'exhibition de la splendeur royale, le luxe éphémère des fêtes princières, les mises en scène grandioses de la liturgie catholique, la littérature participe à cette théâtralisation généralisée.

Cette esthétique prend, dans le temps et dans l'espace, des formes diverses, du lyrisme énigmatique de Góngora à la violence crue du théâtre élisabéthain, de l'humour du roman picaresque à l'extase visionnaire de la poésie religieuse.

La littérature baroque cherche à saisir l'homme de son temps, qui se veut un être d'excès et de métamorphose : elle se fait donc subtile et violente, s'abandonnant tour à tour à l'éclat des images et aux ténèbres d'une méditation qui ressasse l'angoisse de l'être. Elle s'exprime par le goût pour le grandiose et le pathétique, les subtilités psychologiques, l'étrange, et, sur le plan de l'expression, par l'abus des images et des formules compliquées.

Contextes et enjeux de la littérature baroque

Dans l'Europe du dernier quart du XVIe siècle, bouleversée par les guerres religieuses, l'apparition de mentalités nouvelles fonde une esthétique qui, tout en continuant à se réclamer d'une tradition antique, engendre des formes et des styles nouveaux, destinés à impressionner la sensibilité du lecteur ou de l'auditeur.

Les auteurs marquants de ce mouvement sont, en Espagne : Lope de Vega, Calderón, Góngora ; en Italie : Marino ; en Angleterre : Crashaw, Lyly ; et, d'une manière plus modérée, en France : Agrippa d'Aubigné, Saint-Amant, Scarron, Corneille à ses débuts. En Allemagne, elle se manifesta jusqu'au milieu du XVIIIe siècle : Opitz, Gryphius, Grimmelshausen, Lohenstein, Hofmann von Hofmannswaldau.

L'activité de l'écrivain est commandée par les forces collectives – mécénat royal ou princier, prosélytisme religieux, jeux des salons –, la littérature apparaissant comme l'instrument d'une conquête des esprits. Mais l'écriture exprime aussi une sensibilité personnelle, qui témoigne d'un besoin de repères dans un univers flottant ; elle fait appel à la sincérité, à l'émotion, à l'originalité : Montaigne, écrivant sur lui-même, installe ainsi le «moi» du créateur au centre du monde. Les œuvres sont «ouvertes», offrant des pistes et des sens multiples et laissant au lecteur une grande part d'initiative dans leur interprétation.

Le baroque comme double code de vie mondaine et littéraire a été théorisé par l'espagnol Baltasar Gracián dans Finesse et Art du bel esprit (1642-1648).

Thèmes baroques

Un thème lancinant domine tous les autres, celui de l'inconstance des choses humaines, existence, entreprises, sentiments. L'eau, image du temps qui coule et des biens qui vous échappent, est ainsi présente dans toute la littérature baroque, des tempêtes de Shakespeare aux bassins plus calmes des sonnets précieux. Les amours meurent, la chair se décompose, les passions s'effacent : l'Homme traverse un monde d'illusions. D'où une recherche exacerbée de la permanence et de l'équilibre, qui s'incarne dans un style tout en antithèses et en symétries.

D'autre part, les progrès scientifiques s'accompagnent d'une vive curiosité pour les phénomènes de perception, les métamorphoses, le théâtre à machines, le monde des rêves et des fantasmes. L'un des contrastes fondamentaux qui organisent la pensée baroque est celui de la simultanéité de l'être et du paraître, de la réalité et de l'apparence, dans la même personne ou le même objet.

La littérature s'attache ainsi à cerner la notion d'individu en plaçant ses héros dans un monde instable, parcouru par des masques et dominé par la mort. C'est le monde des romans picaresques espagnols ou des héros de Grimmelshausen, c'est aussi le monde de l'héroïsme cornélien et celui des visions surnaturelles, depuis les enchantements du Tasse et les fulgurances eschatologiques d'Agrippa d'Aubigné ou de John Milton jusqu'aux romans utopiques de Cyrano de Bergerac.

Modes d'expression du baroque littéraire

Dans la recherche de l'effet, l'appel à la sensualité est systématique et la rhétorique exaspère les passions, notamment dans l'art oratoire d'apparat, les sermons et surtout le théâtre. L'expression figurée – métaphores, allégories, fables et emblèmes, équivalents littéraires des volutes et spirales du baroque architectural – multiplie les images redondantes, en écho : les structures semblent disparaître sous l'ornement superficiel, alors que la progression, même métaphorique, reste rigoureuse. Antithèses et paradoxes traduisent l'incompréhension devant le mystère et le mal, fonds d'angoisse qui habite la littérature, jusqu'aux œuvres de dérision, relevant du grotesque ou du burlesque. Ombre et clarté, savoir et ignorance se résolvent en oxymorons, procédés rhétoriques associant deux mots évoquant des idées contradictoires («obscure clarté», «mort vivante»).

Le théâtre

Le baroque littéraire assure avant tout la promotion des genres dramatiques ; le théâtre est le meilleur trompe-l'œil de la vie : pastorale, puis drame en Espagne (Tirso de Molina, Calderón, Lope de Vega) et, en Angleterre (Shakespeare), ballet de cour, puis opéra. La tragi-comédie et ses rebondissements s'inscrivent parfaitement dans cette esthétique contrastée.

Le roman

Quant au roman, il déroule dans des récits aux épisodes innombrables la peinture d'amours contrariées, où les développements érudits succèdent aux conversations galantes : l'Astrée (1607-1619) d'Honoré d'Urfé sera le modèle de ce genre à succès qui engendrera, par réaction, des œuvres triviales, les «romans comiques».

La littérature française se détachera la première des modèles baroques, pour se tourner dès les années 1640 vers la voie classique. Les milieux mondains exercent une censure des exubérances sociales et esthétiques, renforcée par les premières institutions littéraires, notamment les académies, face à une cour qui reste le haut lieu du baroque, de l'ostentation, de la richesse des signes esthétiques.

Caractéristiques du baroque

Le baroque efface volontiers les frontières entre la vie et la mort, le rêve et la réalité, le vrai et le faux. Il imagine le monde comme un théâtre et la vie comme une comédie. Il aime la surprise, l'héroïsme, l'amour et la mort. Il insiste aussi sur les différences entre les êtres, les sentiments et les situations. C'est un style plein de diversité et de contradictions.
Il manifeste, en littérature, le goût des antithèses, des décalages, des hyperboles, et surtout des métaphores qui relient des univers différents.
Préciosité et burlesque, deux autres mouvements esthétiques du XVIIème siècle, dérivent de cette sensibilité baroque.

Le goût baroque
Il ne s'agit pas de faire n'importe quoi ! Si le baroque aime les créations complexes, elles doivent être cependant soigneusement calculées et montrer la capacité créative et l'habileté de leur auteur. Car la composition baroque est fondée sur des symétries, des images saisissantes. L'architecture, la sculpture, la peinture présentent une sorte de spectacle dynamique et exalté, qui veut éblouir, étonner, toucher les sens. Pour y arriver, l'esprit doit maîtriser ses oeuvres : ce n'est pas, malgré l'apparence, le règne de la spontanéité et l'improvisation. C'est au contraire la pratique d'un art savant, qui utilise la raison pour créer du mouvement et de la couleur.

Opposition baroque - classique

Le baroque est souvent défini comme le contraire du classicisme : l'esthétique classique est stricte ; elle enferme les formes dans des lignes droites, harmonieuses certes, mais figées. Le baroque privilégie la matière colorée et les formes en mouvement, les courbes, les métamorphoses. Il ne fait qu'indiquer des directions et vit dans la diversité. Si le classique éprouve une fascination pour la clarté, le baroque privilégie les contrastes en faisant ressortir la lumière de l'ombre. Le classique veut être stable, profond et universel, comme le monde tel qu'on le rêve à l'époque de Richelieu et sous le roi Louis XIV. Le baroque, lui, souligne le fait que le monde est inconstant, et que le temps s'écoule, en transformant les êtres et les choses.
( Azadunifr )

La période Baroque(1598-1630)

Le mouvement baroque apparaît à la fin du XVIe siècle et se termine autour du milieu du XVIIe siècle.

C’est période historique située entre la Renaissance et le classicisme, période placée sous le signe de l'irrégularité, du spectaculaire, de la métamorphose, de l'éphémère, de l'illusion et de l'identité vacillante. Le baroque est né en réaction contre l'austérité protestante. Il est attaché à une conception d'un monde instable, d'un monde en transformation incessante. Ce courant est avide de liberté et ouvert à la complexité de la vie. c’est un style architectural qui s’est développé du XVI au XVIIème siècle , caractérisé par la liberté des forme et la profusion ornements qui est à l’opposé du classicisme . Le Baroque accompagne ainsi le développement d'une spiritualité nouvelle en France qui se définit à partir du Concile de 30 (1545-1563) en réaction au protestantisme qui prône un art plus sobre, plus sévère et se caractérise par une exubérance au service de la foi catholique. ". Le mouvement baroque cherche à surprendre. Il souligne la liberté de l'imagination, le mouvement et la profusion ornementale caractérisent ce style. L'illusion d'optique, rend incertaines les limites entre la peinture, la sculpture et l'architecture. La réalité humaine, la grandiosité et le clair-obscur sont devenus importants.


C'est un mouvement qui dominera l'Europe du XVIIe siècle. Peu violent en France, il se développe sous l'influence avant tout de l'Italie et représente la tendance principale des années 1598 - 1630. Le baroque est né en réaction contre l'austérité protestante. Il est attaché à une conception d'un monde instable, d'un monde en transformation incessante. Ce courant est avide de liberté et ouvert à la complexité de la vie. En littérature il comporte une multitude de tendances contradictoires mais peut se concentrer autour de quelques principes communs: goût de la sensualité, des extrêmes, de l'ornementation, du langage à effets. Les genres privilégiés du baroque sont la poésie, le théâtre, le roman.

Durant la période de transition qui va de 1630 à 1661, le baroque, bien que peu à peu supplanté déjà par le classicisme, continue à jouer son rôle. Il est présent dans le courant précieux, le courant burlesque et le courant libertin. Cependant ces trois courants ne se confondent pas avec le baroque mais chacun développe, de façon privilégiée, un de ses aspects.

il cherche à renouveler la vision de la réalité en mettant en scène les métamorphoses du monde et les illusions de l'âme humaine.Le terme 'baroque' veut dire "bizarre" ou "excentrique" . Le mouvement baroque cherche à surprendre. Il souligne la liberté de l'imagination, le mouvement et la profusion ornementale caractérisent ce style. L'illusion d'optique, rend incertaines les limites entre la peinture, la sculpture et l'architecture. La réalité humaine, la grandiosité et le clair-obscur sont devenus importants.

Les caractéristiques du baroque

L'une des grandes idées du baroque est que le monde est en train de se construire. Rien n'est définitif. L'univers n'est pas donné une fois pour toutes, mais est sans cesse en évolution. Le baroque refuse le figé. Il est convaincu que tout se modifie, que tout se transforme, que tout se change. Il est, par exemple, très sensible à la nature, parce que, pour lui, les modifications qu'elle subit, la succession des saisons, sont des signes palpables de ces transformations incessantes.

L'homme baroque refuse de s'enfermer à l'intérieur de lui-même. Il est largement ouvert sur l'extérieur. Il aspire à s'emparer de toutes les expériences qui s'offrent à lui, à les utiliser pour son épanouissement comme remèdes à l'aliénation. C'est pourquoi les romans de l'époque sont emplis d'événements et se déroulent dans des lieux multiples et divers.

Le baroque rejette l'absolu : il ne croit pas en des vérités définitives, mais pense au contraire que tout relève des apparences. Ce qui compte pour lui, n'est pas ce qui est, mais ce qui paraît être.

Le goût de l'ornement, voire de la surcharge, l'attirance pour le mouve ment et pour la ligne courbe, le culte du lyrisme et du pathétique, la recherche du concret manifeste dans l'emploi des images autant de traits qui donnent à l'expression baroque une grande sensualité.
La pensée libertine

Le mot libertinage ne désigne pas, comme aujourd'hui, la pratique de moeurs dissolues. Il s'applique à un mouvement de contestation qui refuse l'idéologie dominante.

Les libertins partent d'une conception philosophique, le matérialisme, qui explique tout à partir de la matière. Ils contestent Dieu. Ils remettent ainsi en cause la validité d'une société et d'une monarchie dont le pilier principal est la religion.

La morale des libertins s'inscrit dans cette perspective : Dieu n'existant pas, l'homme doit réaliser son épanouissement sur cette terre, recher cher les plaisirs offerts par la nature, mais avec une certaine modération dictée par la raison.

1. cherche à renouveler la vision de la réalité
2. métamorphoses du monde et illusions de l'âme humaine

Textes ( Le Baroque )

1. jean de Sponde (1557 - 1595) ; poésie lyrique : Stances sur la mort

2. Théophile de Viau (1590 - 1626) ; poésie lyrique : Oeuvres

3. Agrippa d'Aubigné (1552 - 1630); poésie épique : Les Tragiques

4. Corneille (1606 - 1684 au début de sa carrière) ; théâtre : L'Illusion comique

( Azadunifr )