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mardi 2 juin 2020
mercredi 1 avril 2020
3.Gustave Moreau
« Oedipe et le Sphinx », Gustave Moreau
I- Présentation de l’œuvre
Gustave Moreau est un peintre, graveur, dessinateur et sculpteur français du 19ème siècle et notamment l’un des principaux représentants en peinture du symbolisme imprégné du mysticisme (courant dans lequel on retrouve des traits reliés aux mystères, aux choses cachées ou secrètes).
Il peint « Oedipe et le Sphinx » en 1864, exposé actuellement au Metropolitan Museum of Art, à New York. Ce tableau de Gustave Moreau représente la scène avec Oedipe et le Sphinx :
Œdipe, dans la mythologie grecque, est le roi de Thèbes, fils de Laïos et de Jocaste, roi et reine de Thèbes.
Laïos, averti par un oracle qu’il serait tué par son propre fils, décida d’échapper à son destin : il attacha les deux pieds de son fils nouveau-né et le perdit dans la montagne. Mais l’enfant fut recueilli par un berger qui l’éleva comme son propre fils. Œdipe ignorait le secret de sa naissance, aussi quand un oracle déclara qu’il tuerait son propre père, il quitta sa famille et tua Laïos, ayant pris le roi et ses serviteurs pour des voleurs. Ainsi, Œdipe accomplit la prophétie sans le vouloir.
Œdipe arriva à Thèbes, qui était sous la coupe d’un monstre sanguinaire appelé le Sphinx. La créature bloquait les routes menant à la ville, tuant et dévorant les voyageurs qui ne pouvaient résoudre l’énigme qu’elle leur proposait. Œdipe, l’ayant résolue avec succès, le Sphinx se suicida..
II- Analyse :
Rien ne semble, dans cette oeuvre, abandonné au hasard. Qu’il s’agisse des détails ou de la composition, tout est médité, voulu, calculé, concerté, posé avec intention. Il s’en dégage une force et une étrangeté saisissantes. Les deux personnages sont entièrement absorbés dans leur face à face, dans une mise en scène parfaite qui frappe l’esprit du spectateur dès la première impression.
Tout d’abord on remarque au centre les deux personnages de l’oeuvre : le Sphinx, une femme à corps de lion, et des ailes d’aigle, elle est agrippée à Oedipe, le regardant d’un regard hypnotisant, d’un côté agressif et de l’autre sensuel de par leur proximité. Oedipe quant à lui se tient droit, une lance dans la main gauche il se montre fier.
L’aspect sensuel se retrouve à travers plusieurs détails :
– Le visage de la sphinge est valorisé, on remarque qu’elle a de beaux traits : fine bouche, des yeux clairs ainsi qu’une coiffure soignée ornée d’un diadème, de plus elle a un bijou de corps au niveau de la taille.
– Oedipe a un corps athlétique qui le rend imposant, un visage sans émotion qui le rend mystérieux, ainsi que les cheveux longs, cet aspect général est typiquement grec
On remarque un aspect érotique de par la nudité des deux personnages et leur proximité qui nous ferait croire qu’ils sont sur le point de s’embrasser, d’autre part la poitrine de la sphinge est pointue, cela montre une forme de désir envers Oedipe, d’ou l’emplacement des pattes du Sphinx se situant au niveau du torse et de l’entrejambe.
Le décor a un aspect mortuaire et dangereux. En effet les personnages se situent au bord d’un précipice entouré de montagne, les couleurs sont majoritairement sombres de par les nuances de gris qui démontrent un temps nuageux ou brumeux, cependant les nuances de rouge viennent relever l’aspect généralement sombre du tableau, ce rouge fait référence au sang des victimes de la sphinge.
Les attributs symboliques
Œdipe tient une lance qui lui donne un attribut guerrier le fait de la pointer vers le bas évoque un signe de trêve.
La Sphinge porte une couronne au bord dentelé qui connote une forme agressive. Le bijou de corps lui donne un attribut féminin.
La colonne se situant à gauche d’Oedipe autour de laquelle un serpent s’enroule évoque la tentation (Adam et Eve) et une éventuelle menace. De plus sur la colonne, il y a un vase orné de motifs symboliques : des créatures hybrides qui pourraient être une offrande.
Cette peinture de Gustave Moreau peut être comparée au tableau d’Ingres qui porte le même nom . Le paradoxe de ces deux tableaux, c’est que, dans ces deux cas, ce que l’on cherche à représenter de la façon la plus intelligible possible est une énigme.
Steven Debon/Emeline Lalisse/Elio Moreauhttps://portail.lapossession.ac-reunion.fr/wordpress/blogtl-2014/?p=246&ticket=
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La sirène et le poète, Gustave Moreau, 1895

La sirène et le poète est une des toiles les plus remarquables des collections des musées de Poitiers, par sa dimension et l’éclat de son coloris ravivé par une récente restauration, par le thème et le style si évocateurs des la poétique de Gustave Moreau, mais aussi par l’origine de cette toile, qui est en fait un carton de tapisserie commandé par l’État à l’artiste pour la manufacture des Gobelins en 1894. Le sujet a fait l’objet dans cette version de sept études et esquisses peintes et dessinées, conservées au Musée Gustave Moreau à Paris.
Le thème est caractéristique de l’inspiration idéiste et onirique de Gustave Moreau, tant appréciée chez les symbolistes : la lutte du bien et du mal, du beau et du laid, de l’homme et de la femme, de l’amour et de la mort, mais aussi l’impossible quête de la fusion des âmes et des êtres, incarnée par la tentation de l’androgynie, le combat solitaire de l’artiste, visionnaire incompris par le monde, Gustave Moreau s’identifiait fortement au héros et au poète.
L’artiste, dont on connaît le goût et la culture pour les arts décoratifs, adapte étroitement son œuvre au projet de tapisserie, verticalité de la composition et forte présence du cadre décoratif repris de sources archéologiques.
Si l’œuvre plût aux défenseurs de l’esthétique classique comme Sully Prudhomme, ce qui nous séduit aujourd’hui dans cette œuvre monumentale au puissant charme poétique, c’est au contraire l’audace de son coloris et de sa touche, sa liberté de facture et cette esthétique de l’inachèvement qui nous apparaît chez le maître de Matisse, Rouault et Marquet comme la tentation de l’abstraction.
2.Gustave Moreau
Gustave Moreau

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre français (Paris 1826 – id. 1898).
Il travailla deux ans dans l'atelier de François Picot, puis se dégagea de cet enseignement quelque peu sclérosé pour étudier seul dans le sillage de Delacroix (la Légende du roi Canut, Paris, musée Gustave-Moreau). Dès 1848, il se lia d'amitié avec Chassériau, qu'il admirait pour son goût de l'arabesque et sa poétique élégance. Le jeune artiste fut profondément marqué par cette influence, qui orienta toute son œuvre (la Sulamite, 1853, musée de Dijon). Chassériau fut le seul maître dont il se réclama jamais et, après la mort de celui-ci, en 1856, Moreau séjourna deux années en Italie, où il découvrit, analysa et copia les chefs-d'œuvre italiens. Il s'enthousiasma pour Carpaccio, Gozzoli et Mantegna surtout. Il ressentit à sa manière la suavité de Pérugin, le charme languide de Léonard et l'harmonie puissante des figures de Michel-Ange. Il se souviendra aussi du style linéaire florentin et du canon maniériste.
Revenu à Paris, il exposa successivement au Salon Œdipe et le Sphinx (1864, Metropolitan Museum), le Jeune Homme et la Mort (1865) et la célèbre Jeune Fille thrace portant la tête d'Orphée (1865, Paris, musée d'Orsay). Il avait dès lors conquis son public de critiques d'art, d'intellectuels et de raffinés. Mais il avait aussi déchaîné les ricanements d'une opposition incompréhensive et renonça alors à exposer régulièrement au Salon. Il participa cependant à l'Exposition universelle de 1878 avec plusieurs œuvres appréciées, dont Salomé dansant devant Hérode (1876, New York, coll. Huntington Hartford) et l'Apparition (aquarelle, 1876, Louvre). En 1884, après le choc violent ressenti à la mort de sa mère, il ne vécut que pour son œuvre. Ses illustrations des Fables de La Fontaine, que son ami Antony Roux lui avait commandées en 1881, furent exposées en 1886 à la gal. Goupil. À la suite de ces années de recherches solitaires, il fut élu membre de l'Académie des beaux-arts (1888), puis nommé professeur pour succéder à Élie Delaunay (1891). Il dut alors renoncer à son isolement afin de se consacrer à ses élèves. Si certains d'entre eux, comme Sabatté, Milcendeau ou Maxence, suivirent la voie traditionnelle, d'autres montrèrent très vite des tendances indépendantes. Le symbolisme de René Piot, l'expressionnisme religieux de Rouault ou de Desvallières doivent cependant beaucoup à Moreau. Malgré leur esprit révolutionnaire, les jeunes fauves comme Matisse, Marquet ou Manguin comprirent sa leçon de coloriste. Son rayonnement humain, son sens aigu des dons et de la liberté d'autrui firent de Moreau un maître aimé de tous.
Toute sa vie, il chercha à exprimer l'inexprimable. Son métier est très sûr, mais ses études préparatoires au crayon, fort nombreuses, sont froides et rigoristes, car l'observation du modèle vivant l'ennuie et la nature n'est pour lui qu'un moyen. Sa pâte est lisse avec des raffinements d'émail et des glacis cristallins. Les couleurs sont en revanche longuement triturées sur la palette pour obtenir des tons rares, des bleus et des rouges éclatants comme des gemmes, des ors pâles ou roux. Cet amalgame savamment composé est rehaussé parfois de cire (Saint Sébastien, Paris, musée Gustave-Moreau). Dans ses aquarelles, Moreau se laisse aller à la facilité et joue en toute liberté des effets chromatiques que permettent les teintes diluées. Mais ce coloriste était dominé par sa quête continue, intellectuelle et mystique de la légende et du divin. Fasciné par les mondes anciens, religieux ou littéraires, il voulut en extraire la quintessence. Il se passionna d'abord pour la Bible et le Coran, puis pour les mythologies grecque, égyptienne ou orientale. Il les mélangeait souvent, les unissant dans des évocations féeriques à signification universelle : Salomé dansant devant Hérode s'orientalise d'un décor babylonien et d'une seule fleur de lotus pharaonique, et Hercule séduit les Filles de Thestius (Paris, musée Gustave-Moreau) dans les salles fabuleuses d'un palais assyrien. Parfois, son lyrisme s'exacerbe : l'artiste chasse devant lui un Cavalier (v. 1855, id.) éperdu dans la plaine ou le Vol des anges suivant les Rois mages (id.). Parfois, il accentue l'immobilisme hiératique de ses personnages : Hélène (id.) dressée incertaine à la porte Scée ou l'Ange voyageur (id.) un instant posé au sommet d'une tour. Seules ses œuvres chrétiennes montrent une plus grande austérité d'expression (Pietà, 1867, Francfort, Städel. Inst.).
Moreau exalta le héros et le poète, beaux, nobles, purs, presque toujours incompris (Hésiode et les Muses, 1891, Paris, musée Gustave-Moreau), puis il chercha à créer ses propres mythes (les Lyres mortes, 1895-1897, id.). Malgré une liaison heureuse, une misogynie profonde devait peupler ses toiles d'images ambiguës et raffinées de femmes au charme énigmatique et cruel. Loin de la douceur pitoyable de la jeune fille thrace interrogeant en elle-même le visage clos d'Orphée, les Chimères insidieuses (1884, Paris, musée Gustave-Moreau) envoûtent l'homme angoissé, désarmé par les sept péchés et la Vierge perverse, Salomé (1876, étude, id.) perd le prêcheur dans l'arabesque d'une ondulation fascinante. Seule l'effigie de Léda (1865, id.), moins équivoque, s'adoucit dans un symbole de communion entre Dieu et la créature. Mais Moreau se heurta sans cesse à l'impossibilité de traduire exactement ses visions et ses impressions. Il commença plusieurs grandes œuvres, les délaissa, puis les reprit et ne put les achever, par scrupule, par découragement ou par impuissance. Les Prétendants (1852-1898, id.), aux enchevêtrements excessifs, les Argonautes (1897, inachevés, id.), au symbolisme compliqué devenu rébus, restèrent des ébauches qui témoignent de cette insatisfaction continuelle. Soucieux d'apothéose, Moreau a échoué. Mais il achève l'étonnant Jupiter et Sémélé (id.), et les séries d'esquisses qu'il réalisa pour trouver les attitudes rêvées des personnages sont souvent admirables, car il sut créer des décors fantastiques, des palais hallucinés aux colonnades de marbre, aux lourdes tentures brodées et des paysages de falaises déchiquetées et d'arbres tordus, découpés sur des lointains clairs à la manière de Grünewald. Il s'attacha au scintillement des ors, des joailleries et des minéraux et entrevit des fleurs fabuleuses.
Les fantasmagories de Gustave Moreau devaient séduire les poètes symbolistes, qui recherchaient des fantasmes parallèles, comme Mallarmé ou Henri de Régnier, et attirer André Breton et les surréalistes. Elles devaient troubler aussi des esthètes comme Robert de Montesquiou ou des écrivains comme Jean Lorrain, Maurice Barrès ou J. K. Huysmans, qui, dans À rebours, en 1884, mêle l'artiste aux émotions de son personnage Des Esseintes. Tous virent dans les songeries luxuriantes et mystérieuses du peintre le reflet d'une pensée idéaliste et d'une personnalité sensuelle et exaltée. Le sâr Péladan espéra même, mais sans succès, l'attirer dans le cercle fiévreux de la Rose-Croix. Gustave Moreau était pourtant moins ambigu que sa réputation. Discret, il ne trahissait que des complexes surmontés dans la création et ne souhaitait que la gloire posthume. Il légua à l'État en 1898 son atelier, installé au 14, rue La Rochefoucauld (Paris), et toutes les œuvres qu'il renfermait. Georges Rouault fut le premier conservateur du musée ainsi créé. Les plus importantes toiles de Moreau sont réparties dans les coll. part. et certains musées étrangers, mais l'atelier, avec ses grands tableaux inachevés, ses aquarelles raffinées, ses innombrables dessins, dévoile, peut-être mieux encore, la sensibilité vibrante de leur auteur et son esthétisme fin de siècle. Une exposition, Gustave Moreau et la Bible, a été présentée (Nice, musée national, message biblique Marc Chagall) en 1991
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Le Musée Gustave Moreau à Paris
Nous avions entendu quelques bribes sur ce musée atypique, mais c’est surtout une photo des escaliers (!) qui nous a enfin convaincu d’y aller. Nous n’avons pas été déçus…

photos : jasonw
Gustav Moreau était un peintre symboliste français prolifique du 19ème siècle, parfois considéré comme étant un précurseur des peintres surréalistes (notamment par André Breton). En tant que professeur à l’Ecole des Beaux Arts, il a notamment enseigné Matisse, et bien avant sa mort ils avait décidé qu’un musée devrait lui être consacré.
photos : jasonw
Gustav Moreau était un peintre symboliste français prolifique du 19ème siècle, parfois considéré comme étant un précurseur des peintres surréalistes (notamment par André Breton). En tant que professeur à l’Ecole des Beaux Arts, il a notamment enseigné Matisse, et bien avant sa mort ils avait décidé qu’un musée devrait lui être consacré.
Dans ce but, il a converti et agrandi la maison de ses parents afin de créer des ateliers énormes et des salles d’exposition. Même ces grandes pièces ne seront pas suffisantes pour montrer l’intégralité de son oeuvre ; Moreau laisse derrière lui près de 4.800 dessins et 450 peintures. Comme notre guide nous a dit, beaucoup sont encore enroulés dans despièces cachées du rez-de-chaussée…
Au premier étage du Musée, nous commençons par découvrir l’appartement et le bureau du peintre, remplis de ses effets personnels, donnant une bonne aperçu de sa vie de tous les jours.




Mais c’est en montant au 2ème étage qu’il y a le choc !
Mais c’est en montant au 2ème étage qu’il y a le choc !
Nous arrivons dans un pièce immense avec des peintures exposées sur tous les murs du sol a plafond…

Mais le plus surprenant est l’escalier qui règne au bout de la pièce ; monumental avec des beaux arrondis, il donne une côté surréaliste au cadre….


Bien sûr, nous n’avons pas pu résister à la tentation de monter !…

L’étage au-dessus est aussi chargé de peintures. Beaucoup sont derrière des rideaux, et doivent être tirées pour être vues. L’ancien chauffage est toujours présent, et on peut facilement imaginer Moreau en train de peindre dans cette grande pièce baignée de lumière…



En tout, nous avons eu l’impression de visiter un petit château. La taille démesurée des pièces et l’intimité des appartements rendent le lieu charmant. Aussi, le Musée se trouve dans le quartier de Nouvelle Athènes, développé au début du 19ème siècle et rapidement investi par des artistes et acteurs. En vous baladant vous verrez beaucoup de belles demeures et beaux bâtiments. N’hésitez pas d’explorer !
Mais le plus surprenant est l’escalier qui règne au bout de la pièce ; monumental avec des beaux arrondis, il donne une côté surréaliste au cadre….
Bien sûr, nous n’avons pas pu résister à la tentation de monter !…
L’étage au-dessus est aussi chargé de peintures. Beaucoup sont derrière des rideaux, et doivent être tirées pour être vues. L’ancien chauffage est toujours présent, et on peut facilement imaginer Moreau en train de peindre dans cette grande pièce baignée de lumière…
En tout, nous avons eu l’impression de visiter un petit château. La taille démesurée des pièces et l’intimité des appartements rendent le lieu charmant. Aussi, le Musée se trouve dans le quartier de Nouvelle Athènes, développé au début du 19ème siècle et rapidement investi par des artistes et acteurs. En vous baladant vous verrez beaucoup de belles demeures et beaux bâtiments. N’hésitez pas d’explorer !
1.Gustave Moreau (1826-1898)
Gustave Moreau, né le 6 avril 1826 rue des Saints-Pères à Paris, et mort dans la même ville le 18 avril 1898, fut un peintre, graveur, dessinateur et sculpteur français.
Il est l'un des principaux représentants en peinture du courant symboliste, imprégné de mysticisme.
Fils de Louis Moreau, architecte de la ville de Paris (1790-1862) et de Pauline Desmoutiers (1802-1884), fille d'un maire de Douai en 1795-1797 et 1815. Par sa mère, il est apparenté à de puissantes familles terriennes implantées en Flandre, les Brasme, les Le François, les des Rotours. La famille Moreau s'installe en 1827 à Vesoul, Louis Moreau étant alors architecte du département de la Haute-Saône. Les Moreau retournent en 1830 à Paris, no 48 rue Saint-Nicolas d'Antin, puis no 16 rue des Trois-Frères
La plupart de ses œuvres sont exposées dans le Musée Gustave-Moreau à Paris.
De santé fragile, le jeune Gustave dessine depuis l'âge de six ans, encouragé par son père qui lui inculque une culture classique. Il entre au collège Rollin en 1838 où il reste interne pendant deux ans et remporte un prix de dessin le 20 août 1839. Sa sœur Camille (née en 1827) meurt en 1840. Tous les espoirs des parents Moreau se reportent alors sur leur unique fils qui poursuit ses études à domicile. En 1841, il effectue un premier voyage en Italie avec sa mère, sa tante et son oncle, un carnet de dessins réalisé à cette occasion étant conservé au musée Gustave-Moreau4, puis en 1844, il devient élève dans l'atelier privé du peintre néo-classique François-Édouard Picot ; grâce à ses enseignements, il intègre l'École nationale supérieure des beaux-arts en 1846. Il échoue par deux fois au prix de Rome, si bien qu'il quitte cette institution en 1849. Copiste au musée du Louvre en 1850, il se lie d'amitié avec Théodore Chassériau
Il commence sa carrière en exposant en 1852 au Salon, auquel il participera jusqu'en 1880. Après une formation académique dont il retient le goût du dessin, ses parents lui achètent une maison-atelier (devenue le musée Gustave-Moreau) au cœur de la Nouvelle Athènes où toute la famille Moreau s'installe. Il peint des sujets religieux ou tirés de l'Antiquité et de la mythologie, qui comme Moïse, en vue de la Terre Promise ôte ses sandales de 1854, annoncent déjà par leurs tons exacerbés et leurs paysages aux formes découpées, imitées notamment de Léonard de Vinci, un style personnel, qui s'affirme dans les années 1860 au retour de son voyage en Italie.
De 1857 à 1859, il effectue un deuxième voyage en Italie (Rome, Florence, Milan, Pise, Sienne, Naples, Venise), où il passe des mois à copier les œuvres du Titien, de Léonard de Vinci et les fresques de Michel-Ange de la chapelle Sixtine. C'est à l'occasion de ce voyage qu'il se lie d'amitié avec Edgar Degas. De retour à Paris en septembre 1859, il rencontre Alexandrine Dureux. À la fin de sa vie, il fera brûler toute la correspondance échangée avec elle, seule femme qu'il ait jamais aimée. Alexandrine mourra en 1890. Ils n'ont toutefois jamais été mariés.
Il emprunte beaucoup aux maîtres de la Renaissance, introduit des ornements décoratifs jusqu'à saturer la toile (Les Filles de Thespius, 1853-1885 ; Les Prétendants, 1862-1898 ; Le triomphe d'Alexandre le Grand, 1873-1890 ; Galatée, 1880) et intègre également des motifs exotiques et orientaux dans ses compositions picturales (Salomé tatouée, 1874 ; L'Apparition, 1876-1898 ; Jupiter et Sémélé, 1889-1895), qu'il retravaille et agrandi parfois ultérieurement.
En 1862, Gustave Moreau reçoit la commande d'un chemin de croix par l'intermédiaire d'un de ses amis, le peintre Eugène Fromentin ; il l'exécute de juin 1862à février 1863 dans le plus parfait anonymat. Les toiles ont été très rapidement exécutées. On les a longtemps attribuées à l'un de ses élèves
En 1864, il accède à la notoriété lorsqu'il expose au Salon sa toile Œdipe et le Sphinx, qui est achetée 8 000 F par le prince Jérôme Napoléon.
En 1870, son tableau Naissance de Vénus annonce ses « Ébauches », dont certaines réalisées à partir de 1875 sont proches, comme chez August Strindberg, de la peinture abstraite. Il reçoit les insignes de chevalier de la Légion d'honneur le 4 août 18759, puis est promu officier du même ordre en 1883.
Six toiles et cinq aquarelles de l'artiste sont présentées à l'Exposition universelle de 1878. En 1879, il se lance dans l'illustration des Fables de La Fontaine : une partie de ces soixante quatre aquarelles est exposée en 1881 à la galerie Durand-Ruel, et l'ensemble, en 1886, dans la galerie Goupil grâce à Théo Van Gogh. C'est la seule exposition personnelle de Gustave Moreau de son vivant!!.
Une quinzaine de statuettes en cire a été découverte après sa mort à son domicile, constituant son seul apport à la sculpture15. Elles ont fait l'objet d'une exposition au musée Gustave-Moreau en 2010
Élu à l'Académie des beaux-arts en 1888, Gustave Moreau est nommé professeur en 1892 à l'École des beaux-arts de Paris où il succède à son ami Jules-Élie Delaunay. Enseignant très apprécié, on compte parmi ses élèves : Adolphe Beaufrère, Auguste Brouet, Henri Matisse, Raoul du Gardier, Albert Marquet, Léon Lehmann, Georges Rouault, Léon Printemps, Louis Valtat, Henri Manguin et Charles Camoin.
À partir de 1895, il fait transformer en musée la maison familiale du no 14 rue de La Rochefoucauld. Il lègue cette maison et tout ce qu'elle contient à l'État à sa mort en 1898, et le musée national Gustave-Moreau ouvre ses portes en 1903. Gustave Moreau n'a que très peu écrit de manière officielle (discours de réception ou notices pour son musée) mais il existe de très nombreuses notes ainsi que des commentaires en marges de dessins
Gustave Moreau est inhumé à Paris au cimetière de Montmartre, (22e division)
Toute sa vie, Gustave Moreau a collectionné des dessins, des photographies et des livres illustrés qui ont servi de fonds iconographique pour son inspiration picturale.
À partir de 1895, il fait transformer en musée la maison familiale du no 14 rue de La Rochefoucauld. Il lègue cette maison et tout ce qu'elle contient à l'État à sa mort en 1898, et le musée national Gustave-Moreau ouvre ses portes en 1903.
Contenant près de huit cent cinquante peintures ou cartons, trois cent cinquante aquarelles, plus de treize mille dessins et calques, et quinze sculptures en cire. L'atelier, transformé en musée fut officiellement ouvert au public le 13 janvier 1903.
En 1912, André Breton visite ce musée et en ressort profondément bouleversé par les œuvres du peintre :
« La découverte du musée Gustave Moreau, quand j’avais seize ans, a conditionné pour toujours ma façon d’aimer. La beauté, l’amour, c’est là que j’en ai eu la révélation à travers quelques visages, quelques poses de femmes. Le “type” de ces femmes m’a probablement caché tous les autres : ç’a été l’envoûtement complet. Les mythes, ici réattisés comme nulle part ailleurs ont dû jouer. Cette femme qui, presque sans changer d’aspect, est tour à tour Salomé, Hélène, Dalila, la Chimère, Sémélé, s’impose comme leur incarnation indistincte. Elle tire d’eux son prestige et fixe ainsi ses traits dans l’éternel. […] Ce musée, rien pour moi ne procède plus à la fois du temple tel qu’il devrait être et du,“mauvais lieu” tel… qu’il pourrait être aussi. J’ai toujours rêvé d’y entrer la nuit par effraction, avec une lanterne. Surprendre ainsi la Fée au griffon dans l’ombre, capter les intersignes qui volettent des Prétendants à l’Apparition, à mi-distance de l’œil extérieur et de l’œil intérieur porté à l’incandescence. » (SUITE SUR WIKIPEDIA)
Au Musée Gustave Moreau ...
Publié le 24 Mars 2019
Cela faisait un moment que nous apercevions, sur différents sites internet, le magnifique escalier de l'atelier du peintre Gustave Moreau ...Lors du séjour parisien de février, nous sommes allés visiter ce musée ... pour le voir en vrai !Le Musée est installé dans la maison de l'artiste qui y a conservé et mis en scène des souvenirs de ses parents et d'une des es amies ... De lui, peu de traces, quelques photos de familles seulement, car il estimait devoir s'effacer derrière son œuvre ...L'appartement est resté tel qu'il était à la mort de l'artiste, à la décoration très chargée en bibelots, cadres sur les murs, tel que c'était la mode à la fin du XIXème siècle ...Au dessus de l'appartement se trouvaient les deux étages de l'atelier, reliés par le splendide et fameux escalier ...Aux murs des deux niveaux de l'atelier, les tableaux de l'artistes, exposés selon la scénographie qu'il avait lui -même définie et spécifiée dans ses dispositions testamentaires ...Je ne connaissais pas vraiment l'œuvre de Gustave Moreau, j'ai cependant reconnu certains tableaux qui illustraient mes livres de français du lycée, illustrant principalement les textes de Lautréamont ... même si ce n'était ni mon auteur ni mon peintre préféré !http://bill.et.marie.over-blog.com/2019/03/au-musee-gustave-moreau.html
http://fanfg.canalblog.com/archives/2018/08/08/36616573.html
Musée national Gustave Moreau


La documentation du musée national Gustave Moreau
Ludivine Schott
LibelléLudivine Schott
https://blog.bibliotheque.inha.fr/fr/posts/documentation-musee-gustave-moreau.html
Par une belle journée d’automne, je me suis rendue dans le quartier de la Nouvelle Athènes afin de vous offrir un voyage inédit au cœur de la documentation du musée national Gustave Moreau. Envie de découvrir un lieu unique ? Alors suivez-moi !
L’origine de la bibliothèque et de ses collections
Dans son testament (10 septembre 1897), Gustave Moreau lègue à l’État la maison familiale, aménagée en musée à partir de 1895, et les collections qu’elle contient. Le musée national Gustave Moreau, dont la muséographie reste inchangée depuis l’origine, ouvre ses portes en 1903.
Façade sur rue du musée Gustave Moreau.
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Une partie de la documentation du musée a donc été constituée par Gustave Moreau lui-même. La documentation se compose de deux collections situées sur des sites distincts géographiquement.
- La bibliothèque de l’artiste et les manuscrits se trouvent au 14, rue de La Rochefoucauld. Vous pourrez par exemple, en fonction de vos recherches et sur rendez-vous, consulter l’inventaire des collections de la bibliothèque et les ouvrages dans le cabinet d’arts graphiques, créé récemment au sous-sol du musée.
- La bibliothèque dite moderne et les dossiers d’œuvre sont regroupés dans les locaux administratifs situés rue de Clichy. Ces fonds sont également accessibles sur rendez-vous.
La documentation en quelques chiffres :
- environ 4000 titres (livres et revues) dans la bibliothèque de Gustave Moreau ;
- environ 2 mètres linéaires de correspondance classée par ordre alphabétique des correspondants ;
- 0,56 mètre linéaire d'archives (notes de travail, etc.) de l'artiste mais aussi de Henri Rupp, son légataire universel ;
- environ 16 000 dossiers d’œuvres ;
- 13 000 œuvres d’arts graphiques consultables dans le nouveau cabinet d’arts graphiques (plus de 10 000 dessins de la main du maître et près de 3000 photographies et gravures de sa collection personnelle).
Les domaines concernés ?
Héritée en partie de son père, l'architecte Louis Moreau, la bibliothèque de Gustave Moreau a été dépoussiérée et reconditionnée sous papier neutre. Les livres comme les dessins ont fait l’objet d’un chantier des collections en réserves extérieures, en parallèle des travaux effectués au musée en 2013-2014.
La bibliothèque s’articule autour de plusieurs domaines de prédilection.
Poésie – Gustave Moreau appréciait la poésie de son époque : Vigny, Leconte de Lisle, Hugo, Lamartine, Musset et bien d’autres poètes figurent sur les rayonnages de sa bibliothèque.
Roman – Les ouvrages révèlent également un goût certain pour les auteurs de son époque comme Balzac, Dickens, Stendhal ou Flaubert, un de ses auteurs préférés.
On trouve aussi dans cette bibliothèque :
- des ouvrages de critique littéraire ;
- des récits de voyage, avec la collection complète du Magasin Pittoresque, revue de vulgarisation hebdomadaire illustrée, dans laquelle on trouve des articles sur les sites et villes célèbres du monde, les reportages des explorateurs, des récits d’ethnologie…
- quelques livres de religion et de piété ; à la fin de sa vie, Gustave Moreau a accordé une place croissante aux lectures religieuses.
La collection d’arts graphiques, reconditionnée pour une meilleure conservation, tout en gardant le classement initial prévu par Gustave Moreau, est constituée de dessins de l’artiste, de photographies (d’architecture, de populations lointaines, d’œuvres d’art ou d’animaux) et de gravures ; celles de Piranèse y sont largement représentées. Photographies et gravures constituaient la documentation de l’artiste.
Cabinet d'arts graphiques du musée Gustave Moreau. Photo (C) RMN-Grand Palais / Philippe Fuzeau
Dans la « salle de Conférence », les archives, la correspondance et les notes de travail de Gustave Moreau sont mises à la disposition des chercheurs. On peut consulter sur place la liste des correspondants de Gustave Moreau, l’inventaire initial des collections de la bibliothèque de l’artiste et l’inventaire du musée.
Lettre de Georges Rouault à Gustave Moreau, vers 1893. Photo (C) RMN-Grand Palais / Tony Querrec
Quant à la documentation rue de Clichy, elle offre à la consultation 16 000 dossiers d’œuvre classés par numéro d’inventaire (dossiers Cat. = peinture ; dossiers DES = dessins). Des dossiers d’artiste et des dossiers sur les œuvres de G. Moreau se trouvant dans d’autres institutions complètent cette documentation.
Cette bibliothèque dite moderne propose des ouvrages sur Gustave Moreau, le symbolisme et ses élèves. Le fonds, en cours d’inventaire, est une bibliothèque de travail pour le personnel du musée. Vous pouvez y trouver des mémoires de fin d’études sur l’artiste et de nombreux tirés-à-part.
La particularité du lieu ?
Effectuer ses recherches dans la maison familiale de Gustave Moreau est une opportunité unique pour un chercheur.
De plus, le cabinet d’arts graphiques - inauguré en 2015 - offre des conditions de consultation exceptionnelles. Ce nouvel espace clair et accueillant a été créé par l'architecte Bernard Bauchet et par l’architecte d'intérieur Sabine Kranz, dans le cadre du plan Musées 2011-2014.
Cabinet d'arts graphiques du musée Gustave Moreau. Photo (C) RMN-Grand Palais / Philippe Fuzeau
Les documents les plus consultés ?
La correspondance de Gustave Moreau ainsi que les dossiers d’œuvre sont les documents les plus demandés. Par ailleurs, la bibliothèque originale de Moreau est souvent consultée dans un second temps en tant que complément à la recherche.
Le public régulier ?
Les documentalistes du musée accueillent régulièrement des universitaires et des conservateurs du patrimoine. La documentation est également l’outil de travail privilégié du personnel scientifique du musée.
L’outil phare ?
Le catalogue sommaire des dessins documente les 4830 dessins exposés au musée. Chaque œuvre est accompagnée d’une reproduction et d’une bibliographie exhaustive. La version en ligne, réalisée par la Réunion des musées nationaux, offre plus de 1200 images en couleur. Le site propose l’utilisation d’un zoom navigable pour observer jusqu’au plus petit détail d’un dessin. La recherche peut se faire de manière libre ou à partir de sept index (par sujets iconographiques, artistes et œuvres copiées). Ce catalogue intéresse autant les chercheurs français et étrangers que les amateurs d’art.
L’équipe ?
Parmi l’équipe du musée, trois agents sont chargés de la documentation. Parmi leurs autres missions, la participation aux publications et expositions du musée, la communication et la mise en place d'activités culturelles.
Je tiens à les remercier pour leur accueil, en particulier Emmanuelle Macé, qui a pris le temps de me recevoir.
Informations pratiques
Consultation uniquement sur rendez-vous. Toute demande doit être effectuée auprès de la directrice du musée Gustave Moreau, Marie-Cécile Forest, par mail (documentation
En savoir plus
- Bibliographie
- Twitter @MuseeMoreau
Références bibliographiques
- Geneviève Lacambre, Thierry Cazaux, Aurélie Peylhard, Marie-Cécile Forest, La maison-musée de Gustave Moreau, Paris, Somogy éditions d’art / Musée Gustave Moreau, 2014.
- Marie-Cécile Forest (dir.), Gustave Moreau : catalogue sommaire des dessins, Musée Gustave Moreau, Paris, Musée Gustave Moreau / Réunion des musées nationaux, 2009. Disponible également en ligne : http://www.dessins-musee-moreau.fr(consulté le 03/12/2015).
- Geneviève Lacambre (dir.), Maison d’artiste, maison-musée : le musée Gustave Moreau, Paris, Réunion des musées nationaux, 1997.
- Musée Gustave Moreau, Catalogue des dessins de Gustave Moreau, Paris, Réunion des musées nationaux, 1983.
- Pierre-Louis Mathieu, « La Bibliothèque de Gustave Moreau », in La Gazette des Beaux-Arts, avril 1978, p. 155-162.
- Catalogue sommaire des peintures, dessins, cartons et aquarelles exposés dans les galeries du Musée Gustave Moreau, Paris, 1904 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65247100
- Catalogue sommaire des peintures, dessins, cartons et aquarelles exposés dans les galeries du Musée Gustave Moreau, Paris, 1902 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6524962d
- Paul Flat, Le musée Gustave Moreau : l’artiste, son œuvre, son influence, Paris, 1899 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64364252
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