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jeudi 27 février 2020

Nicolas Poussin


ARTISTES CÉLÈBRESHISTOIRE DE L'ART

Nicolas Poussin : un peintre en boîte

Nicolas Poussin : un peintre en boîte
Toutes les semaines, découvrez les petites histoires, anecdotes et secrets des plus grands artistes de l’Histoire de l’Art ! KAZoART vous emmène faire un tour dans les vies de nos peintres et sculpteurs préférés. Aujourd’hui, découvrez comment le peintre très classique Nicolas Poussin utilisait une technique pas si classique pour construire ses plus grandes compositions !

Nicolas Poussin, un peintre classique emblématique

Né en France en 1594, Nicolas Poussin quitte rapidement sa Normandie natale, contre l’avis de sa famille, pour aller étudier la peinture à Paris. Il s’exile ensuite à Rome à partir de 1624, où il passe une grande partie de sa vie et a beaucoup de succès. Il sera tout de même choisit comme peintre du roi entre 1640 et 1642, revenant ainsi brièvement en France.
Il est surtout connu pour ses scènes d’Histoire mythologiques. Il est d’abord très théâtral, et représente beaucoup de scène construites, il se tourne ensuite vers le paysage à la fin de sa vie. Il cherche à atteindre la perfection mythologique, par le dessin et la couleur, mais aussi en insufflant des réflexions philosophiques et morales dans ses tableaux. Nicolas Poussin est définitivement un des plus illustres représentants de la peinture classique du XVIIe siècle et son influence fut considérable sur les peintres des siècles suivants.
nicolas poussin
Nicolas Poussin, L’inspiration du poète, 1629-30, Musée du Louvre

Un processus de création à part

D’après un témoignage de son ami le peintre Antoine Leblond de Latour, Nicolas Poussin utilisait une boîte optique afin de préparer l’organisation de son futur tableau, particulièrement pour les grandes compositions avec beaucoup de personnages. Mais avant toute chose, Poussin réfléchissait et mûrissait son tableau un certain temps, puis exécutait un dessin global, un « brouillon ». Contrairement à ses contemporains, il ne réalisait aucune étude, c’est-à-dire aucune préparation des détails des corps ou des objets.
Nicolas Poussin, L’enlèvement des Sabines, Musée du Louvre, 1637-38

La peinture mise en boîte

C’est ensuite qu’il utilisait cette fameuse « boîte optique ». Poussin confectionnait des petits « mannequins » en cire représentant les personnages de la scène qu’il souhaitait peindre ; il les habillait de toile pour figurer les draperies et les disposait à l’intérieur d’une boîte, sur plusieurs plans.
L’intérieur de la boîte comportait des glissières dans lesquelles il pouvait introduire différents fonds (architecture, paysage…), selon sa convenance. Poussin se plaçait ensuite devant cette boîte, regardait par la lentille et commençait à dessiner ce qu’il voyait, en bougeant éventuellement au fur et mesure les personnages, jouant avec les effets lumineux en actionnant les ouvertures latérales.
Il pouvait ainsi créer une scène entière et organiser précisément les éléments et les protagonistes, de la même manière qu’un metteur en scène au théâtre. Une façon bien originale (et unique) de procéder !Baroque et classicisme

Baroque et classicisme

Comme en littérature, le XVIIe siècle est le théâtre d'un extraordinaire foisonnement artistique. C'est le Grand Siècle, en raison de la cohérence des œuvres de toute nature qui y voient le jour. C'est aussi et surtout le siècle de Louis XIV, grand ordonnateur des arts. En effet l'art est au service du pouvoir, son rôle est d'immortaliser la grandeur du roi dont l'ambition est de faire de Paris, la nouvelle Rome.

A cette époque, deux tendances artistiques coexistent : le baroque et le classicisme. Ces courants sont difficiles à définir tellement, parfois, les différences sont ténues. C'est seulement au milieu du XIXe siècle qu'apparaissent les analyses théoriques de ces œuvres. Dans cette démarche, c'est le grand historien d'art, Heinrich Wölfflin, qui le premier propose la classification commode et admise par tous de baroque et de classicisme.

La sensibilité baroque

La sensibilité baroque a parcouru toute l'Europe, de la fin du XVIe siècle au début du XVIIIe siècle. En France, ce mouvement a surtout existé au début du XVIIe siècle, à une époque très tourmentée : le pouvoir royal est fragile et contesté, il y a eu de terribles guerres de religion qui ont brisé l'unité chrétienne en Europe, et les grandes découvertes scientifiques du XVIe siècle ont fait voler en éclats ce qu'on prenait pour des certitudes. Ainsi, le monde paraît instable, changeant. Dans les domaines artistiques, cela se traduit par un goût pour le mouvement, l'instabilité, le désordre, le changement, la métamorphose, l'éphémère, l'imagination, le rêve, la magie, l'illusion (décors en trompe l'œil, miroirs, déguisements), l'ornement, la profusion, l'exagération, la démesure, la virtuosité, l'improvisation, la surprise, pour ce qui est bizarre, irrégulier, étrange, ce qui choque. Il s'agit de toucher les sens, l'émotion, de parler au cœur et non à la raison. Les églises de Rome en sont un exemple remarquable.

L'ordre classique

Mais en France, dès les années 1630-1640, nait une autre tendance artistique et culturelle, que l'on nommera classicisme, et que l'on peut en quelque sorte opposer au baroque. Et là encore, il est possible de mettre en lien cette évolution avec l'Histoire. En effet, Richelieu puis surtout Louis XIV mettent fin à la période d'instabilité qu'il y avait en France en imposant un pouvoir fort et centralisé. Éliminant tous ceux qui pourraient lui faire de l'ombre, Louis XIV réinstaure une hiérarchie stricte et de l'ordre, ce qui permet de réunifier et d'apaiser le pays. Mais cela ne se limite pas au domaine politique : les arts, la culture sont de plus en plus contrôlés, régulés. Par exemple, en 1635 (au moment où Corneille écrit Le Cid), Richelieu fonde l'Académie française, dont le rôle principal est de fixer des règles à la langue française, de décider de ce qui se dit et de ce qui ne se dit pas. Les productions artistiques sont contrôlées par la censure, le pouvoir donne des pensions aux écrivains méritants qui font l'éloge du roi, des « savants » édictent des règles d'écriture, notamment dans le domaine du théâtre et de la poésie. Le mouvement artistique qui en résulte, que l'on appellera « classicisme », se caractérise ainsi par son goût pour l'harmonie, l'ordre, l'équilibre, la symétrie, la mesure, la stabilité, la simplicité, le vraisemblable, la dimension morale. L'artiste ne doit pas avoir pour but d'innover, de surprendre, mais il doit au contraire prendre pour modèles les œuvres d'art de l'antiquité grecque et latine. L'art cherche moins à parler au cœur et à la sensibilité, qu'à la raison et à l'intellect.

L'œuvre institutionnelle de Louis XIV

Aucun domaine artistique n'échappe à l'attention du roi : littérature, peinture, sculpture, architecture, urbanisme, musique, danse, jardins, gastronomie. S'il est vrai que Louis XIV met les artistes à son service, en revanche il crée des structures institutionnelles qui permettent d'accueillir et de faire se rencontrer les artistes et les chercheurs. Ces institutions, manufactures et académies existent encore aujourd'hui. Elles ont certainement contribué à l'exceptionnelle harmonie des différentes œuvres et fait apparaître ce style français imité mais rarement égalé dans toute l'Europe. Les grandes cours européennes ont fait venir des artistes français ou ont envoyé certains des leurs en France pour travailler dans des ateliers parisiens. Rentrés dans leurs pays ils ont travaillé en apportant les nuances liées à leurs spécificités culturelles.

Voici quelques institutions créées par Louis XIV :
- La manufacture royale des Gobelins ( tapisseries, créée sous Henri IV mais structurée par Colbert)
- L'académie royale de peinture et de sculpture (1648)
- L'académie royale de danse (1661)
- L'académie royale de musique (1669)
- L'académie royale d'architecture (1671)
- L'académie des inscriptions et belles-lettres (1666)
- L'académie de France à Rome (1666), l'actuelle Villa Médicis.

Quelques- uns des plus grands artistes du siècle

Le Vau, Hardouin-Mansard, Le Brun, Le Nôtre, Van der Meulen, Largillière, Rigaud, Lulli, La Quintinie, Vatel, Coysevox, Le Bernin.
nicolas poussin
Nicolas Poussin, Bacchanales, 1624, Musée du Prado




mercredi 26 février 2020

Rubens si leii

Into the lion’s den with Rubens


The baroque painter Peter Paul Rubens was born on this day in 1577. Known as the ‘Prince of Painters’, and instantly recognisable for his grand, swirling style, his art now hangs in some of the greatest art galleries and most luxurious public buildings around the world.
Portrait RubensSelf-portrait of Peter Paul Rubens. Rijksmuseum, Public Domain.
If you’ve stood in front of a Rubens painting, it’s an experience you’re unlikely to forget. Often vast in scale, they burst energetically out of their frames, full of sensual details you could almost reach out and touch: flesh ripples and bulges, eyes gleam, hair shimmers invitingly.
Classically educated, and a devout Catholic, Rubens’ paintings often depict stories drawn from the Bible and mythology. Rich with allegory and meaning, the narratives allowed him to exercise his vivid imagination, and paint scenes of immense drama.
Rubens ability to create an atmosphere of drama and tension was impressive. One example is his famous painting, Daniel in the Lion’s Den, which shows Daniel trapped amongst ten fearsome lions. To achieve the terrifying composition, he carefully studied the animal’s form through sketches and preparatory drawings.
Daniel in the Lion’s Den. Teylers Museum, CC BY NC
Of course, seeing a lion in seventeenth century Flanders was no easy task, but as a court painter, Rubens had access to the Royal Menagerie in Brussels. There were also two, named Flandria and Brabantia, at the zoo in Ghent.
Rubens studies of the animals show a fascinating perspective of the theatrical painter and his working processes. You start to understand his meticulous approach to form and movement, and sense the aspects of nature that drew his eye.
As art lovers and historians celebrate the life and work of this flamboyant painter, why not take the opportunity to explore some of his more understated works which together offer a subtle testament to the talent beneath the dramatic display.

Two lions. Rijksmuseum, Public Domain
Running lion from the front. Rijksmuseum, Public Domain
A study of lions. Teylers Museum, CC BY-NC
A study of lions. Teylers Museum, CC BY-NC
Study of two lions. Teylers Museum, CC BY-NC
A study of six lions. Teylers Museum, CC BY-N
A dating guide to Rubens
By Louise Cohen ,Published 9 February 2015
Date this weekend? Rubens is open on Friday and Saturday evenings. Here are the works not to miss – and what (not) to say about them.

  • Rubens and his Legacy has a lot of potential as a date-night venue. With richly-coloured walls softly-lit and hung with masterpieces of just about every genre, it’s gently romantic and brimming with history, beauty and ideas. If your date doesn’t like landscape, there’s portraiture, politics, altarpieces and allegory. In fact, if he or she doesn’t like Rubens, there’s Rembrandt, Delacroix, Cézanne and Picasso. So how could it go wrong? Well, the world of Rubens has its eccentricities… We leave it you to decide which of these handy facts to share with your date.
    • Peter Paul Rubens, The Garden of Love
      Peter Paul Rubens,The Garden of Love, c.1633. 

      The Garden of Love

      Room 2

      Rubens painted this party scene in a late phase in his life, having moved to a countryside estate with his beautiful new wife, the daughter of an Antwerp silk merchant.
      Cute fact Some have suggested that the couple dancing on the left are meant to be Rubens himself and his new young wife, Hélène Fourment – and even that the other faces in the painting are her as well. It’s quite romantic.
      Not so cute Hélène Fourment was 16. Rubens was 56.

    • Portrait of Maria Grimaldi

      Room 3

      Rubens spent nearly ten years in Genoa, flattering the Italian aristocracy with theatrical, life-size portraits. His pupil, Van Dyck, followed him to Italy and did the same.
      Cute fact Van Dyck (left) looked up to Rubens (right) so much that he basically adopted his whole composition – down to the matching dogs, bottom left of each painting.
      Not so cute Note the looming figure in Rubens’s painting. It was fashionable to have (yes “have”) a dwarf in those days. While their height was seen as an enjoyable novelty in this era, this particular individual appears to have been made to stand on a box for the sake of composition.
      Installation view of Rubens and His Legacy
      Installation view of Rubens and His Legacy

    • Peter Paul Rubens, Tiger, Lion and Leopard Hunt
      Peter Paul Rubens,Tiger, Lion and Leopard Hunt, c.1616. 

      Tiger, Lion and Leopard Hunt

      Room 8

      One of Rubens’s most accomplished works, this imaginary hunt scene was painted for the Prince of Bavaria and is packed with references to biblical and mythological stories. Its drama and colour influenced generations of artists who followed.
      Cute fact Amid all the violence, Rubens includes a sweet moment where a tigress selflessly saves her cub, to the right of the picture. Rubens must have had a sentimental side.
      Not so cute Rubens painted the lion and tiger from looking at dead animal skins.

    • Pan and Syrinx

      Room 9

      Rubens is well known for his fleshy nudes, often set in allegorical scenes. This story is from Ovid’s Metamorphoses, showing Syrinx, the handmaiden to the goddess Diana, running away from Pan, the god of fertility.
      Cute fact Syrinx’s pose is based on a well-known antique statue, the Venus Pudica, which Rubens described as the “entire assemblage of all the beauties and perfections one could wish for in a woman.”
      Not so cute There’s no denying that Pan’s badgering here is beyond the bounds of reasonable flirtation. As in much classical mythology, its feminist credentials are up for debate – but it has has also been noted that, despite her running away from the muscular Pan, Syrinx’s face doesn’t show any fear, and that perhaps Rubens suggests she is complicit in this lustful chase with a half-man, half-goat.
      Peter Paul Rubens and Jan Brueghel the Elder, Pan and Syrinx
      Peter Paul Rubens and Jan Brueghel the Elder,Pan and Syrinx, c.1617. 

    • Attributed to Anthony Van Dyck, Drunken Silenus Supported by Satyrs
      Attributed to Anthony Van Dyck,Drunken Silenus Supported by Satyrs, c. 1620. 

      The Drunken Silenus

      Room 10

      Thought to have been executed in Rubens’s studio, it’s likely that this allegorical painting was a collaboration between several artists, including Van Dyck and Rubens himself.
      Cute fact In classical myth, Silenus is the teacher and companion of Bacchus, god of wine, and is usually shown fat, naked and drunk. So there’s not much cute here. But if we find him grotesque, at least it shows how accomplished Rubens was at so tangibly depicting flesh.
      Not so cute According to the Guardian’s Jonathan Jones, “Silenus’s pubic hair draws attention to his flaccid state; not even the satyr who is supporting him – satyrs being incarnations of lust – has an erection.” We leave you with that thought.

    Art History 101

    Peter Paul Rubens and the Female Form

    Peter Paul Rubens is synonymous with Baroque style. During his life he produced paintings and altarpieces in brushstrokes dramatic and sensuous, emphasizing movement and suggesting a new naturalism. Rubens is noted for his pioneering new style of painting figures, full figured and even more nuanced. Though painted in and for the eye of the male, Rubens’ iconic treatment of the female figure in particular sparked new definitions of form.
    In the late sixteenth century, Rubens undertook an apprenticeship in Antwerp where he studied under Mannerist artists and found inspiration in the work of the Old Masters. After 1600 he travelled throughout Europe, seeing and studying the work of Titian and Tintoretto in Venice, Caravaggio in Rome, and later Raphael in Spain. Informed by their Renaissance classicism, Rubens imbued a heightened sense of realism in his own style, expressed through human form. His subjects retain a softness in fleshy detail, delicately arranged and woven throughout an entire canvas.
    The Three Graces by Peter Paul Rubens, seen today at the Museo del Prado in Madrid. (Image: via Wikipedia)

    Rubens treatment of the curvaceous female body was remarkable, marked as a distinct woman central to his legacy. A reflection of the time and in line with the popular Baroque tradition, Rubens’ woman was plump in size and sexual appeal, giving rise to the term “Rubenesque.” The Three Graces depicts three virgins of classical antiquity in rich color and fullness of figure, establishing a connection between them and the surrounding fertile and lush natural world. The leftmost figure is thought to be painted after Rubens’ wife, Hélène Forment.
    Peter_Paul_Rubens_040
    The Felicity of the Regency of Marie de’ Medici, completed in 1625, presents Marie as the personification of justice herself (Image: Wikipedia)

    Though Rubens treatment of the female form retained the male perspective and projection that was standard in art until the twentieth century, he’s lauded for imbibing some sense of the innate qualities and experiences of womanhood. When the artist was charged with producing a series of paintings that represented the life of Maria de Medici, he relied on allegorical scenes to depict politically charged moments with subtlety and maintained Marie’s eminence through allegory. Rubens spared no dramatic nuance in celebrating Marie’s life and political accomplishments, treating female archetypes of motherhood and marriage with a sense of importance that was unusual for the time.
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    In The Meeting of Marie de’ Medici and Henry IV at Lyons, Marie is presented as Juno and Henry Jupiter (Image: Wikipedia)

mardi 25 février 2020

Rembrandt

Rembrandt, " La leçon d'anatomie du docteur Tulp"
Rembrandt Harmenszoon van Rijn ( 1606 1669 ) est un grand peintre baroque née aux Pays-Bas. Il est également connu comme graveur et dessinateur, mais c'est en tant que peintre qu'il est le plus célèbre.
" La leçon d'anatomie de docteur Tulp " est une peinture à l'huile sur toile de dimensions 169,5 x 216,5 cm, et qui date de 1632.
La scène représentée eût lieu en Janvier 1632, et était très rare à l'époque : seulement une dissection publique était autorisés par an, et toujours sur un criminel exécuté. Le défunt représenté dans le tableau est Aris Kindt, pendu le jour même de sa dissection pour vol à main armée.
Ce tableau est une commande de la puissante guilde de chirurgiens dont le docteur Nicolaes Tulp fait partie.
L'oeuvre montre une leçon d'anatomie dispensée par le docteur Tulp à sept autres chirurgiens. Le moment qui est peint montre la dissection de l'avant-bras de l'infortuné Aris Kindt.
Le docteur Tulp concentre la lumière du tableau et la renvoie sur les visages des autre protagonistes, effet qui est renforcé par les vêtements sombres à la mode des riches protestants de l'époque. C'est un effet de clair-obscur.
Les yeux du cadavre, à l'inverse du reste du corps, sont voilés par une ombre, comme pour nous montrer que l'âme du défunt a quittée son enveloppe mortelle. On peut voir un grand livre ouvert à droite de l'œuvre, qui nous rappele l'importance de la connaissance.
Le tableau est aujourd'hui visible au Mauritshuis à La Haye.

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Rembrandt : une leçon d'anatomie grâce à la peinture

"La leçon d'anatomie du docteur Tulp" est l'un des tableaux les plus célèbres de Rembrandt. Mais qui était ce fameux Dr Tulp ? Pourquoi cette leçon d'anatomie a tant fasciné le public de l'époque ? Explications.

Rédigé le , mis à jour le 
"La leçon d'anatomie du docteur Tulp" est une peinture marquante du XVIIe siècle
     
C'est sans doute l'une des leçons d'anatomie les plus célèbres de l'histoire de l'art. Peinte par Rembrandt alors qu'il est encore tout jeune, cette scène regorge de sens cachés : un chirurgien, un bras disséqué et un cadavre mystérieux.
Le chirurgien est le Dr Nicolaes Tulp, un personnage très important. Il est le maire d'Amsterdam et est responsable de la guilde des chirurgiens. C'est lui qui commande le tableau à Rembrandt, non pas pour l'amour de l'art mais pour sa gloire personnelle. Il veut montrer l'importance du rôle de chirurgien et d'anatomiste.

Une dissection pas comme les autres

Au XVIIe siècle, les dissections publiques sont très rares. Aux Pays-Bas, elles ont lieu une fois par an en hiver, quand il fait froid et que la conservation des cadavres est la meilleure. Normalement, les dissections débutent par l'abdomen. Mais sur le tableau, la dissection débute par l'avant-bras et la main gauche. La raison : le Dr Tulp veut surpasser un autre anatomiste, André Vésale. Décédé depuis plusieurs années, il reste une référence dans l'histoire de l'anatomie. Et l'une des représentations les plus célèbres de Vésale est celle où il pose à côté d'un avant-bras et d'une main disséqués.
A la différence de Vésale, qui reste dans la description anatomique, Nicolaes Tulp veut, lui, montrer le mouvement, la fonction des muscles... Une première dans l'Europe du XVIIe siècle. Les muscles fléchisseurs que le Dr Tulp tient dans sa pince servent à créer le mouvement. Ce mouvement, le chirurgien l'explique aussi avec sa main gauche qui le reproduit. Et cela fascine l'auditoire. Contrairement à ce qui a été dit, Rembrandt n'a pas commis d'erreur anatomique sur ce bras, ni sur l'autre.

Un cadavre qui soulève des questions

Quand on regarde le cadavre, il y a quelque chose qui cloche. Sa main droite arrive à peine à la taille. Alors que quand nous mettons nos bras contre notre corps, nos mains arrivent au niveau de nos cuisses. L'une des théories pour expliquer ce bras si court chez Rembrandt est de dire que le cadavre est celui d'un criminel, un voleur condamné à mort et qui avait eu la main coupée. C'est d'ailleurs ce qu'a révélé une radiographie de la peinture.
Rembrandt avait commencé par peindre un moignon avant de se raviser et de peindre une main. Mais cette théorie a été démontée depuis. Deux chercheurs, Alain Segal et Teunis Willem Van Heinigen, ont récemment découvert que cet homme avait souffert d'une maladie génétique qui avait atteint sa croissance.
La mise en scène de Rembrandt avec ces messages cachés a porté ses fruits. Le Dr Tulp est rentré dans l'histoire et "La leçon d'anatomie" a lancé la carrière de l'artiste.

LA HAYE PASSE REMBRANT AU SCALPEL. RESTAURÉE, «LA LEÇON D'ANATOMIE""» RÉVÈLE SES NUANCES D'ORIGINE.

Par Sophie PERRIER— 29 octobre 1998 à 12:47
La Haye de notre correspondante
Depuis sa réalisation en 1632 par Rembrandt, la Leçon d'anatomie du docteur Tulp avait été restaurée vingt et une fois. Mais jamais une restauration n'avait été aussi réussie que celle effectuée à la Mauritshuis de La Haye ces deux dernières années. «C'est un progrès absolu, une évolution spectaculaire», s'enthousiasme le conseiller scientifique du musée, Guus Sluiter. De fait, dans la salle d'exposition, le regard est attiré vers la toile: comme si la lumière émanait du tableau, comme si les couleurs et les clairs-obscurs rendaient la scène vivante. Les sept chirurgiens semblent bien présents, fascinés par l'éminent Dr Tulp en train de disséquer un muscle du bras d'un mort exécuté. Ils ont retrouvé le teint rosé de leurs joues et se concentrent, plus vifs que jamais, sur le défunt qui, lui, a récupéré sa couleur livide.
Deux années ont été nécessaires au Danois Jorgen Wadum et à l'Australienne Petria Noble, pour analyser, nettoyer et retoucher le tableau. Une telle opération n'aurait pu être envisagée dans le budget courant du musée. Elle a vu le jour grâce au sponsoring du groupe chimique néerlandais Akzo Nobel et de la société Organon, qui voulaient ainsi souligner le lien entre science, art et médecine. Grâce aux techniques les plus modernes, la restauration a été une véritable révélation sur le tableau et la façon de peindre de Rembrandt. «Nous avons vu le tableau changer progressivement et sommes souvent restés bouche bée devant ce qui apparaissait», raconte Guus Sluiter.
Sous le vernis. Par exemple, le manteau du docteur s'est révélé avoir une couleur sombre bien différente de celles déposées lors des restaurations successives. Après avoir enlevé toutes les couches ultérieures, la peinture originelle de Rembrandt a été retrouvée intacte. Le maître peignait chaque robe noire des chirurgiens dans une nuance différente, ce qui donne une plus grande dynamique à l'ensemble. Le cadavre, lui, avait jauni. En enlevant le vernis, il paraît plus mort et lumineux que jamais. On s'est aperçu que l'un des chirurgiens avait au départ un chapeau, que Rembrandt a effacé au cours de son travail, sans doute pour renforcer la personnalité du Dr Tulp, seul praticien désormais coiffé. Découvertes. Les recherches historiques accompagnant l'opération ont aussi porté leurs fruits. On sait désormais que le Dr Tulp, devenue plus tard maire d'Amsterdam, a inventé le placebo et a découvert le lien entre le tabac et les maladies pulmonaires. Et que le cadavre était celui du voleur Adriaen Adrieaensz, condamné à mort en 1632.
La Leçon d'anatomie" est le premier chef-d'oeuvre de Rembrandt (1606-1669), son premier grand portrait de groupe. Le genre des leçons d'anatomie s'était développé au début du XVIIe siècle.
Pour marquer le coup, la Mauritshuis organise jusqu'au 10 janvier l'exposition «Rembrandt sous le scalpel», qui présente à côté de la toile quatre autres leçons d'anatomie des XVIIe et XVIIIe siècles. Par comparaison, la toile de Rembrandt marque par son dynamisme. Contrairement aux autres tableaux, où les chirurgiens semblent poser devant le peintre, la toile de Rembrandt s'apparente à un instantané. «Le génie de Rembrandt est qu'il a accompli cette tâche difficile sans en faire une scène ennuyeuse ou monotone», explique Frits Duparc, directeur de la Mauritshuis. Il y a trois ans, le musée avait accompli une semblable restauration de la Vue de Delft de Vermeer. Les deux chefs-d'oeuvre rivalisent aujourd'hui de vitalité dans l'ancien musée de La Haye. Sophie PERRIER
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Un studiu foarte bun:
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« LA LEÇON D’ANATOMIE » REMBRANDT

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Aujourd’hui nous allons voir le clair-obscur chez un artiste très important des Pays du Nord : Rembrandt! C’est un peintre et graveur néerlandais du 17ème siècle qui a réalisé plus de 400 peintures, 300 eaux fortes et 300 dessins. Le thème de prédilection de Rembrandt sont les autoportraits, ce qui nous permet à nous, spectateur, de voir l’évolution de sa technique et stylistique de sa peinture mais aussi l’évolution physique et psychologique du peintre. Les scènes qu’il peint sont vivantes et très intenses, mais également très réalistes. Le peintre peint ce qu’il voit, il représente les rides, les traits de caractères à travers la peinture. Il appartient au siècle d’or néerlandais.
Rembrandt n’a pas inventé le clair-obscur mais il pousse le contraste à l’extrême en laissant de grandes zones dans le noir opaque. Ses compositions se fondent  sur l’ombre et la lumière, le jeu de lumière n’est pas un simple effet plastique. Il prend une dimension symbolique intégrée dans le récit. Pour vous montrer de plus près ces caractéristiques nous allons faire une rapide analyse de l’oeuvre Leçon d’anatomie du docteur Tulp de Rembrandt de 1632.
rozsavolgyi.free.fr
La composition de se tableau est très claire. Le docteur Tulp (personne de droite) donne un cour sur l’anatomie aux sept bourgeois face à lui à l’aide d’un cadavre illuminé au centre de la composition. La lumière est particulièrement intéressante et les contrastes sont forts. Le cadavre qui occupe la place centrale est disposé en diagonale par rapport au bord inférieur de la toile et reçoit la majeure partie de la lumière. Il semble éclairer, aussi bien littéralement que physiquement, les hommes qui l’entourent. Rembrandt utilise du blanc de plomb pour obtenir la peinture blanche. La lumière que rejette le corps contraste avec le noir des vêtements du docteur ou des bourgeois qui semblent être dans l’obscurité. Le peintre nous impose un cadavre sous nos yeux, ce qui choqua à l’époque puisqu’on représentait souvent les cadavres avec un linge sur la tête. Le tableau est révélateur des intérêts que l’on porte aux scientifiques de l’époque. En effet le Docteur Tulp est mis en avant grâce à sa tenue plus riche qui montre sa fortune et son pouvoir: il a gardé son chapeau, et porte un col blanc et plat qui est plus à la mode que les cols en fraise des bourgeois. Rembrandt cherche à exprimer la psychologie des individus à travers leurs expressions ou attitudes avec la technique du clair-obscur.
Contrairement au Caravage les couleurs sont plus froides. Autre différence importante c’est la présence d’un fond, même si il reste simple on arrive à identifier les lieux contrairement aux peintures du Caravage qui sont souvent plongées dans un fond noir. (Pour vous rappeler les caractéristiques du clair-obscur de Caravage cliquez ici)
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La leçon d'anatomie

   
 
1632
La leçon d’anatomie du docteur Nicolaes Tulp
Rembrandt, 1632
Huile sur toile, 169,5 × 216,5 cm
La Haye, Cabinet Royal de Peintures Mauritshuis
Rembrandt a représenté ce portrait de groupe de sept chirurgiens et du docteur Nicolaes Tulp en 1632. Cette peinture fait partie d’une série de portraits de groupes réalisée pour le conseil de direction de la confrérie des chirurgiens et dont le plus ancien date de 1603. Ce tableau est organisé autour d’un thème central, une leçon d’anatomie, et d’un protagoniste, le lecteur.
L’événement à l’origine de la création de ce tableau fut la leçon d’anatomie dispensée par Tulp en janvier 1632. Un médecin de premier ordre donnait, deux fois par semaine, des leçons théoriques aux chirurgiens d’Amsterdam. Une section de cet enseignement incluait des leçons pratiques dans l’amphithéâtre d’anatomie dans le but d’obtenir un aperçu de l’anatomie humaine. Une dissection publique pouvait avoir lieu chaque année, généralement en hiver, afin de limiter les odeurs. La dissection avait alors lieu sous la directeur du lecteur. Un tel événement ne survenait pas chaque année.
En 1631, Tulp, qui avait été nommé trois ans auparavant lecteur en chef de la confrérie des chirurgiens procéda à sa première dissection. Il recommença en 1632. Rembrandt réalise ce tableau à cette occasion.
La prestation artistique du peintre, encore jeune, est impressionnante, d’autant plus qu’il n’avait, à l’époque, pas encore peint beaucoup de portraits. Le tableau donne l’impression que Rembrandt a représenté le groupe d’hommes à un moment précis. La composition est soigneusement pensée. L’attention du spectateur est dirigée vers l’activité de Tulp qui indique comment les muscles du bras sont positionnés. Le bras du cadavre a pour cela été ouvert. On utilisait généralement les corps de criminels pour la dissection. Il s’agit dans ce cas d’Adriaen het Kint. Les noms des personnes représentées sont indiqués sur la feuille de papier que tient l’homme à l’arrière-plan.
Ce tableau est le premier portrait de groupe de Rembrandt. Il s’agit d’un véritable honneur pour un artiste aussi jeune. Les commanditaires ont certainement été satisfaits de l’œuvre puisqu'une commande du même type a été de nouveau attribuée à Rembrandt en 1656. Ces tableaux restaient la propriété de la confrérie à laquelle les donneurs d’ouvrage appartenaient. Le tableau trouva ainsi à l'origine sa place dans le bâtiment de pesage du Nieuwmarket, pas très loin de là où vivait Rembrandt.
La leçon d’anatomie de Nicolaes Tulp resta à Amsterdam jusqu’au début du 19e siècle. Lors de la dissolution de la confrérie des chirurgiens, en 1798, le fonds des veuves de chirurgiens fit l’acquisition des tableaux. La direction du fonds décida de vendre le tableau en 1828. La suggestion de procéder à une vente publique fut interdite par décision royale. Le Rijksmuseum fit par la suite acquisition du tableau. Il appartient depuis à la collection du musée Mauritshuis de La Haye. 
 
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